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Visite dans les allées de la foire de l'ail à Marseille en 1975

Visite dans les allées de la foire de l'ail à Marseille en 1975

Il y a 47 ans, le 26 juin, une institution marseillaise célébrait ses 300 ans ! Ce marché géant qu'aucun marseillais n'aurait raté était entièrement consacré à l'ail, l'ingrédient incontournable de nombreux plats méditerranéens. Promenade parmi ses stands odorants.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 24.06.2022
Foire à l'ail à Marseille - 1975 - 03:10 - vidéo
 

« Venez voir Paulette, la reine de la gousse, la reine de l'ailler. Mais qu'attendez-vous les clients pour en manger ? Ça vous donne de la santé ! », c'est avec cette harangue tonitruante que débute un reportage haut en couleurs et en saveurs. Ce 26 juin 1975, FR3 Marseille entraînait le téléspectateur au cœur d'une foire ancestrale, celle de l'ail. Une véritable institution marseillaise qui fêtait ses 300 ans et qui se déroulait annuellement de la mi-juin à la mi-juillet.

Devant les stands, de sonores marchandes interpellaient les clients en vantant les bienfaits de leur unique produit : l'ail : « Ça vous rend beau, ça vous rend gai », clamait l'une d'elle  devant son étal de « Paulette », des bulbes blancs particulièrement charnus.

De fait, l'ail était connu pour ses nombreuses vertus médicinales (propriétés antimicrobiennes, antiseptiques, anti-inflammatoires, anti-bactériennes, antibiotiques, antifongiques). Il était depuis toujours consommé  en grande quantité par les anciens, et dans de nombreuses recettes. C'est donc tout naturellement  que la foire de l'ail de la Saint Jean, établie cours Julien, était devenue une véritable institution dans la cité phocéenne.

Vendu au kilo, il y en avait pour toutes les bourses, le prix variant en fonction de la grosseur de la gousse. Les tresses de gousses d'ail étaient aussi à l'honneur à la foire, de nombreux chalands les achetant uniquement pour décorer et parfumer leurs cuisines.

Mais cette année-là, les vendeurs présents n'étaient pas vraiment satisfaits de l'affluence, pour cause, ils notaient une baisse de la clientèle en raison du déplacement du marché de l'allée Gambetta, où elle se tenait depuis toujours, au cours Julien, dans le centre-ville.

Un plat en terre menacé

Même grogne du côté des étalages de taraïette (ou taraïlle), le plat traditionnel en terre vendu non loin de là. Avec son bel accent chantant, une commerçante déplorait la séparation géographique des deux foires, qui signifiait pour elle une diminution de la fréquentation. Elle racontait que depuis trois générations on vendait ce plat traditionnel dans sa famille. Elle précisait l'oeil pétillant que pour les enfants, il existait également une taraïette miniature, une petite cruche. Une fois remplie d'eau, en sifflant dedans, on pouvait reproduire le chant du rossignol.

Si elle déplorait la disparition progressive d'un certain art de vivre et de plusieurs produits comme les « filtres à sable » ou « les beurriers », elle reconnaissait néanmoins  avoir constaté un certain retour en grâce des plats en terre chez certains clients. Malgré les craintes exprimées, la foire à l'ail et aux taraïettes avait encore de belles heures devant elle. Disparue en 2007. Son retour a été timidement amorcé en 2015 avec quelques hommages lors d’événements locaux.

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