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La France, consommatrice de gaz russe depuis 1976

La France, consommatrice de gaz russe depuis 1976

Les exportations de gaz russe vers l'Europe sont en baisse constante depuis le début des sanctions contre Moscou, si bien que les Européens redoutent un hiver difficile, aux multiples conséquences économiques et sociales. L'occasion de republier ce sujet réalisé en mars 2022, alors que les craintes en France et en Europe commençaient à se faire jour sur un tarissement du gaz russe : Depuis 1976 et l’arrivée du gaz russe en France, la Russie a toujours été l’un des plus gros exportateurs dans notre pays.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 16.03.2022 - Mis à jour le 12.07.2022
 

Milieu des années 70. Le sol de l’URSS est riche en énergies fossiles, dont du gaz. Et ça la France l’a bien compris, comme l'illustre ce commentaire du journal télévisé du 15 octobre 1975 : « Ressource inestimable. L’Union Soviétique, la Sibérie, pourrait détenir dans son sol jusqu’à ⅓ des réserves de gaz mondiales de quoi alimenter toute l’Europe de l’ouest. »

Le gaz russe arrive en France dès 1976, après un accord passé avec les Soviétiques. Il est acheminé en transports depuis les Pays-Bas. Cette année-là, le gaz russe importé en France représentait 11 milliards de kilowattheur. Mais la France importe aussi de Norvège, d’Algérie, et surtout des Pays-Bas. 

En 1979, pour faire face à une consommation toujours plus importante, la France construit son premier gazoduc.  Long de 230 km, il est situé en Lorraine et doit recevoir du gaz russe dès 1980. Le gazoduc se raccorde au réseau russe, qui passe par l’Ukraine et l’Allemagne.

1980, pour la première fois en France, du gaz russe est acheminé via un gazoduc. Et les importations explosent : En 1976, la France en importait 11 milliards de kilowatteurs. 4 ans plus tard, en 1980, ce chiffre s’élèvait à 38 milliards. Si bien qu’en 1990, l’URSS devient le premier exportateur de gaz en France.

Mais en 2006, crise entre l’Ukraine et la Russie sur le prix du gaz. La Russie réagit et coupe le robinet à l’Europe. Et les conséquences se font vite sentir en France. Car si en 1995, la France importait 134 milliards de kilowatteurs de gaz russe, un record, en 2006, le chiffre tombait à 81 milliards.  

Mais pour François Loos, alors ministre délégué à l’Industrie, interviewé le 2 janvier 2006, il n’y a pas d’inquiétude à avoir : « Nous avons une politique d’approvisionnement de sécurité énergétique importante. Nous avons des réserves. Dans ces conditions, sur le court terme, je ne vois pas très bien ce qui pourrait arriver au consommateur français. »

Finalement, après quelques jours de conflit, la Russie rouvre les vannes. Depuis cette crise, les importations de gaz russe en France ont été très irrégulières. En 2020, dernier chiffre connu, 90 milliards de kilowatteurs ont été importés.

Aujourd’hui, la Russie est toujours le 2ème exportateur de gaz en France, derrière la Norvège. Si nous sommes moins dépendants que nos voisins européens, l’augmentation du prix du gaz inquiète. Son cours a atteint les 345 euros, un record historique.

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