Une page événement Facebook a été lancée sur les réseaux sociaux invitant à pénétrer, le 20 septembre 2019, la zone 51, une base militaire ultra sécurisée du Nevada, aux Etats-Unis, pour débusquer des extra-terrestres. En 1996, l'émission Faut pas rêver s'était rendue sur place pour enquêter sur le phénomène ovnis.

"Storm Area 51, They Can't Stop All of Us", (Tous sur la zone 51, ils ne peuvent nous arrêter), c'est le nom de cette page événement invitant les ufologues de tout poil à converger vers la Zone 51 et à y entrer pour en percer son mystère.

La relation entre la base 51 et les extraterrestres remonte à l'affaire dite de Roswell, selon laquelle un vaisseau spatial se serait écrasé dans le désert du Nouveau Mexique le 4 juillet 1947. Après le crash, le vaisseau et le corps des pilotes (des extraterrestres) auraient été cachés par l'armée et transportés dans cette Zone 51, devenue depuis un "spot" extraterrestre où l'on pourrait observer le vol de soucoupes volantes, la nuit.

En 1996, pour l'émission Faut pas rêver sur France 3, le journaliste Christophe Rouvière s'était rendu sur place afin d'enquêter sur l'apparition de ces mystérieux ovnis.

En route pour la mystérieuse zone 51 !

Pour s'y rendre, il faut suivre la route 375 dans le désert du Nevada, dans le grand Ouest américain. De là, il faut bifurquer sur une piste qui permet d'approcher "l'un des endroits les plus secrets du monde" : la Zone 51 ! "Une base de l'armée américaine qui ne figure sur aucune carte et dont le gouvernement se borne à nier l'existence". De quoi alimenter tous les fantasmes.

Après le sentier, il faudra encore faire plusieurs heures de marche dans les rocailles peu accueillantes du désert avant d'arriver sur le sommet tant convoité, le seul endroit d'où légalement on puisse apercevoir la fameuse base.

Glenn Campbell est un habitué des lieux. Son pèlerinage, il le commence toujours en stoppant près d'un petit autel dédié à la Vierge qu'il a lui-même confectionné. Car il a bien besoin d'un miracle pour percer le mystère de la zone 51 qu'il observe depuis des années… en vain ! Muni d'un gros zoom, il scrute la base sans relâche et l'affirme : 

"Ce n'est pas un endroit où le droit est respecté. C'est la frontière d'un monde libre avec un régime totalitaire. Un endroit très curieux où existent des conflits comme nulle part ailleurs dans le monde."

Sur un plan, il montre où se situe cette zone restreinte que l'on nomme "Zone 51". Il souligne que l'espace aérien est interdit : "même aux pilotes de l'armée. On l'appelle "Dream Land" (le pays des rêves). A l'origine de l'histoire de la Zone 51, il y a une histoire qui raconte que le gouvernement travaille sur des engins extraterrestres. Je crois encore que cette histoire est crédible et mérite de l'attention. Ceci est une importante zone d'exercices militaires. Cela provoque des tas de lumières dans le ciel, des flammes, des bombes… toutes ressemblent à des ovnis et les gens viennent ici une nuit, voient ces lumières et les conforment à ce qu'ils voulaient voir. On parle d'un phénomène social. Un phénomène anthropologique et psychologique qui nous enseigne d'avantage sur les gens qui observent la base que sur la base elle-même."

Sur cette route 375, se trouve une boîte aux lettres noires, point de ralliement de ces observateurs de l'étrange.

Rendez-vous avec les aliens...

Pour Kathleen Ford, aucun doute, les aliens pullulent dans la région. Bien qu'elle ait passé des nuits à scruter le ciel sans faire de rencontre de troisième type, elle a tout de même observé des phénomènes étranges dans le ciel. Elle aimerait bien photographier "E.T.", mais il ne lui en laisse pas le loisir… car les "Petits Gris" sont plutôt timides et difficiles à "shooter". Sa technique est pourtant bien rodée : "C'est mieux si vous avez des appareils manuels, sans piles, parce qu'ils agissent sur les piles quand ils s'approchent. C'est d'ailleurs comme ça que je sais quand ils sont là. L'appareil se bloque et je sais qu'ils sont près de moi. Et quand ils s'en vont, ça marche à nouveau très bien."

Les lumières aperçues n'ont selon elle rien d'humaines : "Ce sont des lumières oranges, très lumineuses. Elles montent, restent là une vingtaine de minutes et disparaissent "Boum!". Elle est affirmative ": "Ce ne sont ni des hélicoptères, ni des avions. Je ne sais pas ce que c'est. Je pense qu'il s'agit d'une technologie extraterrestre."

Depuis 1989, elle a pris des milliers de clichés : "Peut-être que ces choses ne peuvent-elles pas voir de manière tri-dimensionnelle mais elles perçoivent ou sentent les vibrations…"

Sa technique de contact est simple. Elle émet un son qu'elle chante haut et fort à leur attention. Elle entonne un "Ahhhhhhhhhh" prolongé tout en prenant des clichés en rafale. Soudain, elle avertit le journaliste que son appareil se bloque, ce qui signifie qu'ils sont proches...

Nous la retrouvons plus tard, alors qu'elle montre le résultat de ses prises de vues lors de conférences organisées un peu partout dans le pays. Devant un public conquis d'avance, elle montre des formes ressemblant aux fameux Petits Gris.

Rachel, "capitale" des ufologues

A quelques dizaines de kilomètres de ce territoire interdit se trouve la petite ville de Rachel, régulièrement envahie par les curieux, depuis qu'un certain Bob Lazar, a affirmé à la fin des années 80 avoir travaillé sur des soucoupes volantes dans la zone 51. Une aubaine pour ce coin paumé du Nevada. On "y cultive le culte d'E.T. comme on vénère le dieu dollar, le plus souvent avec une bonne foi désarmante".

Cette commerçante affirme ainsi que : "Rachel a été choisie par les êtres de l'espace pour rassembler ici les gens du monde entier, pour nous aider à les connaître avant qu'ils ne se révèlent à nous tous." Une autre ajoute : "ils viennent avec nous et mettent les gens à l'aise. Ils leur montrent que ce n'est pas quelque chose d'effrayant, qu'ils ne sont pas là pour le mal."

Deux ou trois fois par an, l'auberge de Rachel accueille des meetings de passionnés. On y retrouve bien-sûr Kathleen Ford et ses photos. Pour elle, pas de doute, il s'agit bien d'une technologie extraterrestre. Plus tard sur un écran de télé, un homme montre la vidéo de l'un de ces objets volants non identifiés qu'il a pu filmer.

La traque des ovnis

Ni le froid, ni la pluie n'arrêtent ces passionnés qui sillonnent la région, à la limite de la zone, narguant les autorités. Christophe Rouvière s'installe avec eux pour de longues heures d'attente... infertile : "Rien d'autre à observer cette nuit que les panneaux interdisant l'accès à la zone. Aucune lumière dans le ciel à part celle des flashs…"

Une femme signale quand même : "j'adore ces panneaux "base militaire top secrète". Si cela n'existe pas, alors pourquoi pouvons-nous les prendre en photo [les panneaux] ? Et ce truc [la base] n'est même pas sur les cartes !"

Dans le bar local, l'ambassadeur d'un gouvernement étranger explique qu'il n'adhère pas à ces théories conspirationnistes. Le lendemain, un homme aux allures de cowboy raconte qu' "ILS font disparaître les nuages. Le vent change, l'atmosphère change à cause des turbulences de leurs engins… je crois."

Interview d'un extraterrestre...

Sur le parking, un homme décharge son truck rempli de reproductions de "Petits Gris" en latex. Il affirme avoir travaillé sur des simulateurs de soucoupes volantes et avoir même rencontré des extraterrestres. Ces figurines à taille réelle ont été réalisées sur ses recommandations. Mais le résultat ne semble pas le satisfaire. Il est assez critique sur le rendu, trouvant la combinaison spatiale "pas très ressemblante", les mains "trop grosses" et la tête "trop petite"...

Durant cette semaine de convention, pas de soucoupes en vue donc, mais un vrai E.T., en latex. La vendeuse affirme qu'ils ressemblent à ça mais que parfois : "ils ont des formes humaines et nous ressemblent". Elle souffle au journaliste : "je suis sûre qu'il y en a un ici…"

Et il y en avait un effectivement, le mystérieux ambassadeur interrogé plus tôt décline son identité : "Je suis Merlin II, ambassadeur du système solaire Alpha Draconis. Nous encourageons le gouvernement du Nevada à inviter les extraterrestres à atterrir dans cet état, en nommant la route 375, la route des extraterrestres et en rendant l'endroit accueillant pour les visiteurs de l'espace."

On les attend de pied ferme puisque le gouverneur du Nevada a même baptisé la route 375, "autoroute extraterrestre", sans oublier de déposer ce nom comme marque commerciale... Au cas où !

L'ambassadeur Merlin II annonce pour conclure qu'il doit repartir temporairement mais qu'il reviendra dans trois ans avec ses amis aliens et qu'ils atterriront officiellement sur la bien nommée "extraterrestrial Highway".

Le 16 juillet 2019, en tout cas, 1,2 millions de personnes affirmaient vouloir participer à cet événement publié sur Facebook, ce qui, de l'aveu même des organisateurs est en fait une grande blague. Reste que le succès de cette farce démontre l'intérêt des internautes pour le phénomène ovni et pour les théories qui suggèrent l'existence de relations secrètes établies entre l'armée américaine et les extra-terrestres.

Pour aller plus loin

Etats Unis : la vérité révélée sur la zone 51. La CIA déclassifie les documents sur la zone 51 et reconnait son existence. Reportage consacré à la zone 51 dans le Nevada (Etats-Unis), la base secrète américaine objet de tous les fantasmes sur l'existence d'extraterrestres. Les signaux étranges ayant été aperçus seraient selon un rapport déclassifié de la CIA le fait d'essais menés sur les avions espions U2. (Journal de 20h00 du 17 août 2013) 

Temps X : le mystère de Roswell (27 juin 1987)

La page événement sur Facebook. "Storm Area 51, They Can't Stop All of Us"

X Files, enquête sur une série culte (article)

Tomber nez à nez avec un ovni, ça rend furax (article)

Les extraterrestres dans la pub

1978, sur le tournage du film Le Gendarme et les extraterrestres (article)

Florence Dartois

Rédaction Ina le 16/07/2019 à 16:31. Dernière mise à jour le 16/09/2019 à 17:00.
Economie et société