La mort suspecte d'un ostréiculteur de Morlaix relance la question de la dangerosité des algues vertes. Un fléau apparu à la fin des années 70 sur les plages bretonnes. En 1982, un maire inquiet alertait déjà sur les dangers de la "marée verte".

A Morlaix, les algues vertes sont pointées du doigt à la suite du décès suspect d'un ostréiculteur. Les gaz émis par ces algues sont en effet très toxiques et ont déjà causé d'autres décès par le passé.

Le 13 août 1982, le  journal télévisé Rennes Soir consacrait déjà un sujet entier au phénomène des algues vertes qui recouvraient régulièrement les plages bretonnes depuis une dizaine d'années. A l'époque, le phénomène s'amplifiait et même si son origine n'était pas clairement identifiée, on suspectait déjà l'excès de nitrate contenu dans l'eau de mer. Un nutriment dont se nourrissent les algues et qui est utilisé en agriculture avant de revenir à la mer par le biais des rivières contaminées.

En août 1982, la présence massive d'algues sur la plage de Plestin-les-Grèves compromet la saison touristique et prend des allures de "marée verte". Il devient urgent de la traiter, ce qui est fait avec les mêmes moyens qu'une marée noire ! Le département finance 80% des un million deux cent mille francs investis dans le retrait des 25 000 tonnes d'algues qui souillent la plage. Le reste est financé par la localité. Le coût du nettoyage plombe le budget de la municipalité comme le souligne monsieur Lucas, le maire de Plestin, dans son interview. Il estime qu'il est temps d'alerter l'opinion publique : "Je pense qu'on est arrivé au stade où on ne peut plus rester sans rien dire. Il est temps de poser le problème car il nous dépasse actuellement et il a pris des proportions énormes pour notre commune. Sur le plan financier certainement et aussi sur le plan touristique. Les estivants viennent chez nous mais ne restent pas longtemps."

Il appelle à une prise de conscience et à une mobilisation générale "car nous sommes dans une situation grave, je vous le dis et il est temps de réagir."

A l'époque, la seule solution envisagée était donc d'évacuer les algues qui dégageaient une odeur nauséabonde. On ne connaissait pas encore les risques toxiques de ces odeurs, causées en grande partie par le sulfure d'hydrogène, un gaz particulièrement toxique.

Pour aller plus loin

Un rapport pointe du doigt les engrais utilisés par les agriculteurs. (20h00 de F2, 6 juin 2012)

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Florence Dartois

Rédaction Ina le 09/07/2019 à 10:42. Dernière mise à jour le 09/07/2019 à 14:13.
Economie et société