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Animateur radio : la voie de Sébastien Cauet 

Animateur radio : la voie de Sébastien Cauet 

Le 30 mars, Sébastien Cauet est intervenu auprès des 16 stagiaires qui suivent la formation qualifiante d’animateur radio de l’INA. Lors de cet échange, il est revenu sur ses 30 années passées à l’antenne, ses difficultés comme ses succès. Et a livré quelques clés pour réussir dans le métier. Entretien.

par Sylvie Lartigue - Publié le 11.05.2022

Sébastien Cauet, le 30 mars, lors de son intervention en masterclass lors de la formation animateur radio de l'INA.

Crédits photos : INA

Personnalité, humour, TikTok, Cauet parle du métier d'animateur aujourd'hui

Devenir animateur et avoir la carrière de Sébastien Cauet, les nouveaux certifiés de la formation « animateur radio » de l’INA y aspirent tous.  Le 30 mars, l’animateur passé par Fun Radio, NRJ, Skyrock, Europe 2, ou encore Virgin Radio, est venu leur raconter sa longue carrière commencée à l’âge de 13 ans. Face aux étudiants de la formation, il annonce la couleur : pour réussir à la radio, il ne faut pas tricher à l’antenne, et se sentir en accord avec l’identité de la chaîne pour être crédible. Pour convaincre son auditoire, l'animateur raconte son parcours. Lorsqu’il  arrive sur Skyrock en 1996, pour animer les matins de 6h à 9h, il reçoit le ministère A.M.E.R, IAM, NTM, et tous les plus grands noms de la scène hip hop française. A l’époque, cela fait déjà un an que Skyrock a opéré son changement pour devenir la radio des musiques urbaines. Il comprend rapidement que le rap ce n’est pas son univers. Il restera deux années et quittera Skyrock pour rejoindre NRJ où  il animera un talkshow pendant cinq mois. Cette fois c’est l’ennui qui lui donne envie de partir. Il le fera savoir à Christophe Sabot alors dirigeant de NRJ Group, qui lui propose alors de devenir directeur d’antenne de Rire et Chansons en 1998. Il acceptera après quelques jours de réflexion à la  condition de moderniser la radio pour en faire « le France Info du rire ».  « Je suis passé du mec qui reçoit les rappeurs branchés au gars qui va recevoir Popeck »,  s’amuse-t-il.  Dans la station,  il se forge la conviction suivante : « Le but du jeu n’est pas de faire plaisir au 2 % qui écoutent la radio, mais de comprendre pourquoi il y en a 98 % qui ne l’écoutent pas ». 

L’animateur qui a passé 30 années à l’antenne, a toujours aimé expérimenter de nouvelles manières d’animer la radio et incite les futurs animateurs radio à suivre cette voie. A Europe 2, alors qu’il anime Le Morning à partir d'avril 2001, il installe les caméras à côté des micros pour diffuser son émission sur les ondes et à la télévision tous les vendredis sur MCM à partir de 2002. Actuellement, il construit son audience au-delà des ondes : il compte 13 millions d’abonnés sur les réseaux sociaux et s’en étonne, car il n’a « ni l’âge, ni le physique d’un youtubeur, comme d’un Tiktoker. » Selon lui, la radio ne cherche plus des voix uniformes,  mais des personnalités. Et  les auditeurs suivent leurs émissions en replay ou en podcast  pour écouter leur animateur favori quand ils l’ont décidé. « On a longtemps essayé de gommer la personnalité à l’antenne. Finalement, on se rend compte que c'est la personnalité qui permet de rendre une émission différenciante. »

« On a longtemps essayé de gommer la personnalité à l’antenne. Finalement, on se rend compte que c'est la personnalité qui permet de rendre une émission différenciante. »

Désormais, c’est dans le podcast que l’animateur voit l’avenir de la radio. En décembre 2021, il a lancé sa plateforme Podcast Story pour toucher un public populaire. Il privilégie de grandes voix d’acteurs à celles d’hommes de radio, comme Olivier Cachin, Jacques Pradel ou encore Philippe Manœuvre,  pour raconter des vies d’artistes.

De leur côté les futurs animateurs radio s’essayent eux-aussi aux nouveaux formats de la voix. Une semaine avant de rencontrer l’animateur, ils assuraient une matinée d’antenne sur Twitch, réseau social de streaming vidéo.