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"Une femme est plus agréable à regarder qu'à écouter"

"Une femme est plus agréable à regarder qu'à écouter"

Quelle est la place des femmes à la télévision ? Selon le CSA, la présence des femmes sur les chaînes a bondi à 43 % en 2020, mais recule sur les radios. En 1975, Anne Sinclair interviewait Marcel Jullian, Pierre Bellemare et Jacques Martin sur l'absence de femmes à la télévision...


Par la rédaction de l'INA - Publié le 04.03.2019 - Mis à jour le 08.03.2021

"Une femme est plus agréable à regarder qu'à écouter"

Quelle est la place des femmes à la télévision ? Selon le CSA, la présence des femmes sur les chaînes a bondi à 43 % en 2020, mais recule sur les radios. En 1975, Anne Sinclair interviewait Marcel Jullian, Pierre Bellemare et Jacques Martin sur l'absence de femmes à la télévision...


Par la rédaction de l'INA - Publié le 04.03.2019 - Mis à jour le 08.03.2021
Anne Sinclair chez les misogynes - 1975 - 06:20 - vidéo
 
Anne Sinclair chez les misogynes - 1975 - 06:20 - vidéo
Quelle est la place des femmes à la télévision ? Selon le CSA, la présence des femmes sur les chaînes a bondi à 43 % en 2020, mais recule sur les radios. En 1975, Anne Sinclair interviewait Marcel Jullian, Pierre Bellemare et Jacques Martin sur l'absence de femmes à la télévision et vous allez le découvrir, le sexisme était décomplexé.

"Je veux pas être méchant mais une femme, c'est quand même plus agréable à regarder qu'à écouter." L'interview commençait fort. En 1975, la journaliste Anne Sinclair interviewait Marcel Jullian, président d'Antenne 2, sur la place de la femme dans les médias et notamment à la télévision, un milieu réputé misogyne. Dans cette émission Encore un jour et l'année de la femme, ouf, c'est fini ! diffusée sur Antenne 2 en décembre 1975, Anne Sinclair interviewait tour à tour Marcel Jullian, Pierre Bellemare et Jacques Martin. Florilège de déclarations...

"Je ne sais pas trop à quoi ça sert l'année de la femme"

Pierre Bellemare, animateur et producteur de télévision française n'était pas plus sympathique à l'égard de la gente féminine : "Lorsque l'on voit les entrées de cinéma, c'est la vedette masculine qui fait les entrées d'avantage que la vedette féminine. [...] La carrière masculine est plus longue. [...] Il y a quelques animatrices de télévision mais ça ne me semble pas être un métier féminin. [...] Il est plus facile d'être ami avec un homme qu'avec une femme car on ne sait pas très bien où devrait s'arrêter l'amitié avec une femme. Alors qu'avec un homme, on le sait, à moins d'être un peu particulier. [...] Je ne sais pas trop à quoi ça sert l'année de la femme."

Quant à Jacques Martin, animateur de radio et télévision, il était catégorique :"Je pense que notre métier est un métier d'homme. On prend tellement de risques pour faire nos sujets que j'aurais peur qu'il arrive un accident à une femme."

Une émission qui faisait écho à une enquête de l'Institut national de l'audiovisuel datée de mars 2019, selon laquelle les femmes avaient parlé deux fois moins longtemps que les hommes à la télévision et à la radio entre 2001 et 2018. Afin de parvenir à ces résultats, l'ina a créé un logiciel d'analyse acoustique pour analyser 700 000 heures de programmes. C'est le "plus gros volume de données jamais analysée au monde." Selon cette enquête, à l'époque M6 se démarquait avec un temps de parole féminin de 41% parmi les chaînes généralistes. En revanche, la chaîne sportive Eurosport était en dernière position avec un temps de parole féminin à 7,4% seulement.

Ce qui ressort du rapport annuel du Conseil supérieur de l'audiovisuel sur la représentation des femmes à la télévision et à la radio en 2020, présenté en amont de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, c'est que la présence des femmes dans les médias audiovisuels, qui avait bondi de 2 points en 2019, à 41 % (contre 59 % d'hommes), est restée stable en 2020. La présence des femmes à l'antenne recule pour les radios (39 %, soit - 1 point par rapport à 2019) alors que la télévision frise la parité (+ 2 points, 43%). Si l'appel aux expertes a lui aussi progressé (+ 3 points, 41%), le CSA pointe une baisse des femmes pour les présentatrices (- 3 points, à 47 %) et les invitées politiques (- 2 points, à 31 %), en raison notamment de prédominance de l'intervention des membres masculins du gouvernement pendant la crise sanitaire.

Jérémie Gapin


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