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Paroles de Vichyssois en 1997 : « Ce n'est pas notre faute »

Paroles de Vichyssois en 1997 : « Ce n'est pas notre faute »

La visite d'Emmanuel Macron à Vichy mercredi 8 décembre est une première pour un président de la République depuis celle du général de Gaulle en 1959. La ville souffre depuis la Libération d'avoir été choisie par l'Etat français entre 1940 et 1944 comme capitale d'une France collaborationniste avec l'Allemagne nazie. Et ses habitants dans tout ça ? En 1997, à l'occasion de l'ouverture du procès Papon, un micro-trottoir leur donnait la parole.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 08.12.2021
 

Entre 1940, année de la capitulation de la France face à l'Allemagne, et 1944, année de la Libération, il y eut Londres, symbole de la résistance française autour du général de Gaulle, et Vichy, symbole de la collaboration décidée par le maréchal Pétain, qui fit de cette ville thermale de l'Allier la capitale de l'Etat français. C'est ainsi que, aux yeux de la majorité des Français, se cristallise dans deux lieux géographiques toute la complexité de l'histoire française durant la Seconde Guerre mondiale. 

En mai et juin 1940, l'armée française s'effondre face à l'avancée des troupes allemandes. L'exode met des millions de Français, Belges et Luxembourgeois sur les routes en direction du Sud. Le gouvernement français de Paul Reynaud, qui comprend en son sein Philippe Pétain et Charles de Gaulle, quitte Paris le 10 juin, laissant la capitale « ville ouverte » et se réfugie à Tours, puis Bordeaux. C'est à Bordeaux, le 16 juin, que le gouvernement de Paul Reynaud tombe et est remplacé par celui de Philippe Pétain, porté par ceux au gouvernement favorables à l'armistice. L'armistice avec le IIIe Reich est signé le 22 juin, dans la clairière de Rethondes, à Compiègne. La France est divisée en deux zones, la zone nord et ouest, occupée par les Allemands. La zone sud-est, est dite « zone libre », où les Allemands concèdent au gouvernement du maréchal Pétain un semblant de souveraineté. Le gouvernement se cherche alors une ville où s'établir. Vichy est choisie, car la ville thermale possède de nombreux hôtels capables d'héberger dans de bonnes conditions les députés et les membres du gouvernement. De plus, la ville est assez bien reliée à Paris par le train, et possède des infrastructures téléphoniques modernes. 

Début juillet, le Parlement au grand complet (Assemblée nationale et Sénat) commence donc à siéger à Vichy. Très rapidement, les 9 et 10 juillet, les parlementaires de la IIIe République vont voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. C'est la fin de la IIIe République, et le début de « l'Etat français », un régime autoritaire qui va très vite prendre le chemin de la collaboration avec l'Allemagne nazie. 

A la Libération, le rétablissement du pouvoir républicain et le retour des institutions à Paris met un terme à cette parenthèse de l'histoire de France où l'Etat français s'est rendu complice des crimes de l'occupant allemand. Vichy, la capitale de ce régime, porte involontairement le poids de cette histoire. 

En 1997, à l'occasion de l'ouverture du procès Papon, le journal télévisé « Auvergne Soir » sur France 3 partait à la rencontre de Vichyssois pour leur demander ce qu'ils pensaient de l'image de leur ville. 

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