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Nicole Catala, la parité et la justice

Nicole Catala, la parité et la justice

Ancienne ministre de la Formation professionnelle sous Jacques Chirac, Nicole Catala est morte mercredi 19 octobre. Également agrégée de droit, cette femme de droite, engagée au RPR, fut vice-présidente de l'Assemblée nationale entre 1993 et 2002. Elle avait à cœur de défendre la parité femme-homme en politique.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 20.10.2022
Les femmes en politique - 1997 - 02:17 - vidéo
 

L’ACTU.

Nicole Catala, ancienne ministre de l’Éducation nationale, chargée de la Formation professionnelle sous Jacques Chirac, est décédée mercredi 19 octobre à l’âge de 86 ans. Née à Millau dans l’Aveyron en 1936, elle était agrégée de droit privé. Elle entama sa carrière politique au Rassemblement pour la République (RPR), parti classé à droite et se revendiquant du gaullisme, ancêtre du parti Les Républicains.

D'abord membre du Conseil économique et social (CESE) dans les années 70 et 80, elle fut donc nommée secrétaire d'État chargée de la Formation professionnelle par Jacques Chirac en 1986. À partir de 1988 et jusqu'en 2002, elle fut députée de la 11e circonscription de Paris. C'est dans ce cadre qu'elle eut pour responsabilité la vice-présidence de l'Assemblée nationale, entre 1993 et 2002. Enfin, de 1989 à 2008, elle siégea au Conseil de Paris.

LES ARCHIVES.

Nicole Catala était entre autres une grande avocate de la parité femme-homme en politique. Première femme au poste de secrétaire d'État chargée de la Formation professionnelle, puis figure importante du parlement, elle fut témoin du sexisme qui y régnait. En 1997, alors que s'ouvrait à l'Assemblée un débat sur la parité femme-homme dans la vie politique, elle fut interrogée en compagnie de Ségolène Royal, députée socialiste. Dans l'archive ci-dessus, les deux femmes politiques appelaient à faire bouger les mentalités alors que comme le signalait la journaliste, « sur 577 députés, 32 seulement sont des femmes. » 

« Il est vrai que soit lorsque je suis en commission, soit lorsque je suis en séance, voire quand je préside l’Assemblée il m’arrive de recueillir, d’entendre des interjections qui sont assez déplacées », confirmait Nicole Catala. Et sur la représentation des femmes en politique, elle citait son cas personnel : « lorsqu'il m’a été demandé au début de cette législature comment il conviendrait de m’appeler j’ai dit “madame le président” mais lorsque j’écris moi-même ce titre dans un courrier, je me surprends à écrire “madame la vice-présidente de l’Assemblée”. »

Veiller à l'indépendance de la justice

Nicole Catala portait également un discours sur la justice et son indépendance. Comme en 1991, où, dans le cadre d'États généraux de la Justice de l’opposition, elle proposait de réformer le Conseil supérieur de la magistrature, qui a justement pour rôle d'assurer l'indépendance du judiciaire vis-à-vis de l'exécutif. Dans l'archive ci-dessous elle expliquait : « La justice est soumise à une certaine influence du pouvoir politique, et nous voulons que cette influence cesse. Nous voulons que les magistrats soient chez nous comme dans les grandes démocraties, des magistrats indépendants. Ils ne le sont pas assez aujourd’hui. C'est la clé de la dignité, de la crédibilité de la justice. »

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