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La sécurité du Stade de France déjà mise à mal en 2016

La sécurité du Stade de France déjà mise à mal en 2016

Samedi 29 mai, la finale de Ligue des Champions, opposant le Real Madrid à Liverpool et remportée par les Espagnols, a été émaillée d'incidents aux abords du Stade de France à Saint-Denis. En cause, selon le ministère de l'Intérieur, de nombreux faux billets qui ont désorganisé l'accès au stade, mais également, selon de nombreux spectateurs et témoins, notamment britanniques, la réaction disproportionnées des forces de l'ordre. Ce dysfonctionnement de la sécurité du stade n'est pas une première. En 2016, à quelques semaines du début de l'Euro 2016, l'enceinte avait déjà connu des problèmes de sécurité.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 30.05.2022
 

L'archive placée en tête d'article est un reportage du 23 mai 2016 rendant compte des problèmes de sécurité au Stade de France durant la finale de la Coupe de France opposant le Paris-Saint-Germain à l'Olympique de Marseille. A trois semaines du lancement de l'Euro 2016 en France, ce match devait servir de répétition générale pour la sécurité de la compétition, dans un contexte de forte tension liée aux attentats qui avaient touché la France depuis 2015.

Aux termes du match, le bilan s'apparentait plutôt à un « fiasco », le terme employé par le journaliste Marc Dana dans son reportage. « Des tribunes en flammes côté marseillais, dans l'autre virage côté parisien, chaque but est célébré en allumant des fumigènes, normalement interdits dans les stades », commentait ensuite le journaliste. En plus de ces débordements dans les tribunes, plutôt rares dans l'enceinte du Stade de France, la sécurité aux abords du stade était aussi en question, puisque, toujours selon Marc Dana, « les contrôles ne devaient rien laisser passer de suspect. Mais des milliers de personnes seraient rentrées sans même montrer leur billet ». Romain Mabille, un supporteur du collectif Ultras du PSG, témoignait ainsi : « Quand j'ai acheté mon billet, on m'a dit : "tu donnes tant d'argent, tu arrives au stade, il y aura des contrôles à la sortie, il y aura un barrage, il y aura une vérification d'identification à l'entrée, avec des fouilles", mais je n'ai rien vu de tout cela ! » 

Les billets, « censés être nominatifs et strictement personnels », posaient en effet question, comme avait pu s'en rendre compte l'équipe de journalistes de France 2, pour qui « aucun logiciel ne nous a empêchés d'acheter deux billets au même nom pour deux tribunes différentes. »

Autre « couac », toujours selon Marc Dana, « l'acheminement au stade des supporteurs rivaux ». Pour témoigner de ce dysfonctionnement, France 2 donnait la parole à James Rophe, autre supporteur du PSG : « Que ce soit dans le RER et au niveau de la gare du RER B, quand on est arrivés à Saint-Denis, les supporteurs se sont trouvés mélangés entre Parisiens et Marseillais, et il y avait de grand moments de tension. » 

Tous ces dysfonctionnements étaient pris très au sérieux par les pouvoirs publics, au premier rang desquels le ministère de l'Intérieur. Bernard Cazeneuve réunissait ainsi tous les responsables de la sécurité du Stade de France, et le porte-parole du ministère, Pierre-Henry Brandet, reconnaissait l'importance des faits : « Effectivement, il y a eu un certain nombre de problèmes en termes de fluidité, de palpations, de contrôles lors des accès, et il faut en tirer des enseignements. »

Trois semaines plus tard, l'Euro 2016 débutait. Une compétition marquée par de nombreux troubles à l'ordre public de la part de hooligans de différents pays, comme lorsque supporteurs anglais et russes se livraient à de violentes confrontations dans le centre-ville de Marseille, au début de la compétition.

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