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Guerre d'Algérie : la disparition de Maurice Audin

Guerre d'Algérie : la disparition de Maurice Audin

La France a ouvert jeudi 23 décembre ses archives relatives aux affaires judiciaires et aux enquêtes de police dans l'Algérie en guerre contre la colonisation. Une décision qui pourrait définitivement éclairer sur les circonstances exactes de la mort à Alger en 1957 de Maurice Audin, un militant communiste français engagé en faveur de l'indépendance algérienne. Retour sur l'affaire.

 

Par la rédaction de l'INA - Publié le 13.09.2018 - Mis à jour le 23.12.2021
La disparition de Maurice Audin - 2001 - 11:04 - vidéo
 

Depuis jeudi 23 décembre, sont consultables toutes « les archives publiques produites dans le cadre d'affaires relatives à des faits commis en relation avec la guerre d'Algérie entre le 1er novembre 1954 et le 31 décembre 1966 », selon un arrêté du ministère de la Culture publié au Journal officiel. Cela concerne « les documents relatifs aux affaires portées devant les juridictions et à l'exécution des décisions de justice » et  « les documents relatifs aux enquêtes réalisées par les services de la police judiciaire ».

Toutes ces archives, conservées notamment aux Archives nationales, étaient de droit non consultables pendant 75 ans, sauf en obtenant une dérogation.

Emmanuel Macron avait promis d'aider les historiens à éclairer les zones d'ombre de l'action de la France en Algérie, du début de l'insurrection indépendantiste en 1954 jusqu'à l'indépendance en 1962. Avec cette ouverture, on pourrait ainsi en savoir davantage sur le cas de Maurice Audin. Le 14 septembre 2018, le chef de l'Etat avait demandé « pardon»  à sa veuve, Josette, alors âgé de 87 ans, 61 ans après la mort, en 1957 à Alger sous la torture, de son mari, jeune mathématicien communiste de 25 ans. « Au nom de la République française », il avait reconnu que Maurice Audin avait été torturé à mort, ou torturé puis exécuté par l'armée française. Mais des zones d'ombre demeurent.

Dix jours de torture

L'archive en tête de cet article revient sur l'affaire Maurice Audin avec un reportage de l'émission « Pièces à conviction » diffusée le 27 juin 2001. Les éléments évoqués dans cette archive ne rappellent donc pas tous les détails connus depuis. La disparition du jeune n'en demeure pas moins l'une des plus mystérieuses de la guerre d'Algérie.

Le 11 juin 1957, cet assistant de mathématiques à la faculté d'Alger et membre du Parti communiste algérien, suspecté d'aider le FLN, est arrêté pendant la bataille d'Alger. Sa trace se perd dix jours plus tard. Aucune explication officielle ne sera donnée sur la disparition de ce père de trois enfants, si ce n'est «son évasion au cours d'un transfert». Il avait 25 ans et son corps n'a jamais été retrouvé. Selon l'enquête du journaliste Jean-Charles Deniau, il a été exécuté en juin 1957 par un sous-officier français, parachutiste, sur ordre du général Jacques Massu, après dix jours de torture. Une thèse qui rejoint la reconnaissance du chef de l'État.

« Quand Emmanuel Macron a rendu justice sur l'affaire Audin, il avait ainsi mis la France en face de la vérité », a rappelé Roselyne Bachelot vendredi 10 décembre. « On ne doit jamais avoir peur de la vérité, il faut la contextualiser. (...) Mais il faut la regarder en face », a-t-elle ajouté. 

 

Pour les créateurs de contenus

Un dossier spécial sur la guerre d'Algérie est disponible sur mediaclip, l'offre vidéo de l'INA pour créer, raconter et informer.

Pour les enseignants et leurs élèves

Le site Lumni enseignement propose un parcours pédagogique sur les mémoires de la guerre d'Algérie. Ainsi qu'un éclairage sur l'historien Benjamin Stora.

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