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L'un des premiers succès d'Amélie Nothomb : "Stupeur et tremblements"

L'un des premiers succès d'Amélie Nothomb : "Stupeur et tremblements"

L'écrivaine éditée chez Albin Michel vient de remporter le prix  Renaudot pour son livre "Premier sang" où elle raconte l'histoire de son père, l'ambassadeur Patrick Nothomb, décédé en mars 2020. En 2000, l'auteure était l'invitée de Thierry Ardisson dans "Tout le monde en parle" pour une interview décapante.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 31.08.2021 - Mis à jour le 03.11.2021
Interview Amélie Nothomb - 2000 - 13:11 - vidéo
 

L'écrivaine éditée chez Albin Michel vient de remporter le prix  Renaudot pour son 33e  roman Premier sang, où elle  raconte l'histoire de son père, Patrick Nothomb, décédé en mars 2020. Dans cet ouvrage, l'autrice lui donne la parole à travers un récit à la première personne. Ce père devenu le narrateur fictif de sa propre vie. C'est une première pour la romancière belge. Face à elle, trois rivaux étaient en lice : Anne Berest avec La Carte postale (Grasset), Nicolas Chemla avec Murnau des ténèbres (Cherche-Midi) et Abel Quentin avec Le Voyant d'Etampes (Les éditions de l'Observatoire).

L'archive en tête d'article est l'une de ses premières apparitions télé, en 2000. Invitée de Thierry Ardisson dans "Tout le monde en parle", elle revenait sur la genèse de son roman intitulé Stupeur et tremblements, inspirée de sa première expérience professionnelle dans une entreprise japonaise. Au cours de cet entretien décapant, elle évoquait son enfance heureuse au Japon, entre 1972 et 1975, une époque à laquelle son père était ambassadeur de Belgique . Elle acceptait de chanter un extrait du théâtre nô. Amélie Nothomb évoquait ensuite ses lectures de l'époque, notamment celle de la Bible, "érotique" à ses yeux. Dans la suite de l'interview, il est question de sa famille, puis de son retour au Japon plus tard, et de sa passion pour le fils d'un joaillier nippon qui la couvrait de bijoux "mais j'ai tout rendu. Je ne sais pas pourquoi !", ajoutait-elle ironiquement. La romancière décrivait aussi la psychologie japonaise. Elle racontait ensuite ses débuts en littérature et notamment le fait que Philippe Solers ait refusé son premier manuscrit Hygiène de l'assassin (1992).

Une névrosée heureuse et prolifique

A la fin de cette interview, elle plaisantait sur le fait qu'elle souffrait d'une pathologie d'écriture incontrôlée : "C'est une maladie qui me fait jouir, alors pourquoi me guerirais-je ?".

Amélie Nothond évoquait pour terminer, toujours avec humour, ses petites névroses. Le fait qu'elle aime les hommes laids, qu'elle soit "pourritophage", se nourrissant d'aliments pourri de préférence : "Le vert de gris, c'est le meilleur...".  Elle racontait notamment la nécessité de lutter contre cet instinct primaire lorsqu'elle se rendait dans un marché juste avant sa fermeture.

L'autrice, aujourd'hui âgée de 55 ans, affirmait alors écrire entre trois et quatre romans par an pour n'en publier qu'un seul. Une auteure prolifique désormais détentrice du très prisé prix Renaudot.

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