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Dans les années 1970, un naturaliste alertait déjà sur le risque de disparition des tigres

Dans les années 1970, un naturaliste alertait déjà sur le risque de disparition des tigres

Le plus grand félin sauvage au monde, d'origine asiatique, est à l'honneur en cette journée mondiale du tigre. Cette célébration a pour but de sensibiliser et de soutenir la conservation des tigres sauvages dont la population mondiale a drastiquement diminuée. Un phénomène déjà évoqué dans une émission animalière populaire en 1975.

Par Florence Dartois - Publié le 28.07.2022
Tigres en péril - 1975 - 02:53 - vidéo
 

La Journée mondiale du Tigre a vu le jour en novembre 2010 à Saint-Pétersbourg, en Russie, lors du Sommet du tigre, à l’initiative des 13 pays de l’aire de répartition du félin : Bangladesh, Bhoutan, Chine, Cambodge, Inde, Indonésie, Laos, Malaisie, Myanmar, Népal, Russie, Thaïlande et Vietnam. A l’époque, il ne restait que 3200 tigres sauvages dans la nature. Avec le Projet Tx2, l’objectif affiché de ces pays était de doubler leur nombre d'ici la prochaine année du tigre, en 2022. La situation était critique puisque la population de spécimen à l'état sauvage avait diminué de 90% en un siècle, (on estimait leur nombre à 100 000 en 1900).

Dans une interview accordée au «Figaro Sciences» le 29 juillet 2018, Stéphane Ringuet le responsable du programme «commerce des espèces sauvages» chez WWF-France alertait : «La population reste particulièrement fragile du fait notamment du rétrécissement de son habitat. Aujourd'hui, personne ne peut dire s'il y aura encore des tigres sauvages dans 50 ans.» )

Celui qui inspira le personnage de Shere Khan dans Le livre de la Jungle a longtemps été qualifié de « mangeur d’homme » ou de « super prédateur », mais de fait, ce sont surtout les hommes qui constituent la menace principale du fauve asiatique. Les principales raisons de sa disparition sont aujourd’hui la diminution de son territoire et le braconnage lié au commerce illégal. Dès les années 1970, les chercheurs alertaient sur cette disparition inquiétante, et comme souvent, la télévision relayait ce cri d’alerte, à l'instar de l’archive en tête d’article.

Ce 4 février 1975, le magazine animalier « Les Animaux du monde » était consacré aux animaux d’Asie en péril. Parmi eux figurait en bonne place, le tigre, menacé de disparition dans son habitat naturel. Pour l’occasion, Marlyse Lowenbach recevait sur le plateau un naturaliste passionné de la faune d’Asie et d’Afrique, Pierre Pfeffer (1927-2016), ensemble ils allaient évoquer le risque de disparition qui planait sur l’imposant fauve rayé.

Le directeur de recherche au CNRS et au Muséum d'Histoire Naturelle connaissait bien ce grand félin aussi effrayant que majestueux. Alors qu'ils évoquaient ses caractéristiques, les caméras filmaient deux spécimens présents sur le plateau : un bébé né en captivité qui gambadait librement dans le décor et un grand tigre, tranquillement allongé derrière une grande baie vitrée, que l’on avait sans doute nourri avant l’émission. Il se contentait de fixer placidement les caméras de son œil perçant, tout en baillant nonchalamment, avant d'entamer une grande toilette. La terreur de la jungle avait tout d'un gros matou !

Des menaces bien identifiées

Les propos du chercheur sont intéressants tant ils résonnent avec ceux tenus par les défenseurs actuels de la cause animale. Il précisait qu’en captivité les félins se reproduisaient très bien, mais que dans la nature ils étaient « extrêmement menacés ». Pierre Pfeffer pointait du doigt, la chasse, la disparition de leurs proies naturelles (chassées elles aussi) et le braconnage compte tenu de la valeur de leur fourrure « dont la demande est très grande sur les marchés européens et américains » précisait-il. Il s’inscrivait en faux quant à leur réputation de « mangeur d’homme », ajoutant que les accidents étaient rarissimes. Commentant des images d’un tigre filmé dans son milieu naturel dans le nord de la Thaïlande, le chercheur l’affirmait avec une émotion non feinte : « croyez –moi, c’est un spectacle, je vous l’assure, inoubliable ». Pierre Pfeffer ajoutait que le tigre jouait un rôle essentiel dans la limitation du nombre de sangliers, qui très abondants dans ces régions, occasionnaient de gros dégâts aux récoltes.

Le tigre présent en plateau était un tigre du Bengale et le scientifique expliquait qu’il existait une très grande « aire de répartition », allant de la Sibérie aux petites îles de la Sonde. On pouvait en trouver une douzaine de variétés. A l’époque il déplorait néanmoins la disparition des variétés de Bali ou de Java et l'extrême fragilité de celle de Sibérie, dont la taille pouvait atteindre quatre mètres, et qui ne comptait déjà plus qu’une centaine de spécimen.

En 2010, le projet Tx2 prévoyait d’atteindre le nombre de 6 000 tigres sauvages en 2022. Fin 2021, ils n'étaient encore que 4 000.

Une chasse au tigre filmée en Sibérie

Pour conclure nous vous proposons de découvrir une archive poignante, celle de la chasse d’un tigre de Sibérie. C’est un reportage diffusé en avril 1962 dans l’émission « La vie de animaux ». Âmes sensibles s’abstenir.

Scènes de chasse en Sibérie
1962 - 05:00 - vidéo

Dans les plaines de Sibérie un groupe de chasseurs et leurs chiens pistent un grand tigre et le capture vivant.

Pour aller plus loin :

Les Actualités Françaises : scène de chasse au tigre en Sibérie. (1953)

20 heures le journal. Menace sur le tigre. Reportage qui rend compte du risque d'extinction du tigre. Cette espèce compte deux fois plus d'animaux en captivité que d'animaux en liberté. (2005)

A l'ouest de la Thaïlande, en bordure de forêt, se niche le Wat Pha Luang Ta Bua, appelé en Occident Temple des Tigres, lieu de culte bouddhiste, au nord-ouest de la ville de Kanchanaburi (district de Sai Yok) où vivent une quinzaine de moines et autant de tigres dans une atmosphère extrêmement sereine et pour le plus grand bonheur des touristes. (2007)

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