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De la grandeur à la décadence du diesel

De la grandeur à la décadence du diesel

Aujourd’hui, le gazole est en moyenne 20 centimes plus cher à la pompe que l’essence. Un coup dur pour les Français qui avaient choisi une voiture diesel car plus économique ! Ce choix du diesel est une particularité bien française qui s’explique avec les archives.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 22.09.2022
De la grandeur à la décadence du diesel - 2022 - 02:56 - vidéo
 

« La dieselmania est donc bel et bien un phénomène français, pourquoi ? », interrogeait-on en 1993 sur France 3. Pour le savoir, il faut remonter dans le temps. Au sortir de la guerre, les agriculteurs furent encouragés à s'équiper en machines agricoles fonctionnant au diesel. Quelques années plus tard, Peugeot, fleuron de l’industrie française, reprit cette technologie pour les voitures : « nous avons entrepris à partir de 1957 une reconversion totale axée autour d’un moteur 4 temps diesel, avec la création un centre de recherche important à l’usine », expliquait le directeur de l'usine Peugeot de Lille.

Des lignes d’usines qui, au fur et à mesure, fournirent encore plus. Car dans les années 70 et 80, le nucléaire se développa en France. Conséquence : des surplus de fioul à écouler. Le diesel fut donc un moyen de ne pas laisser les raffineurs sur le carreau. « Les centrales nucléaires, qui n’effraient plus grand monde, sont une perte sèche pour les raffineurs en amont, mais aussi en aval. (...) Insuffisante bouée de sauvetage : les carburants, les seuls à tenir la route, mais qui n’empêchent pas les raffineurs de perdre des milliards », entendait-on alors. Ainsi, l’état subventionna le diesel à la pompe.

Le diesel, carburant moins polluant ?

Au-delà du coût, les arguments en faveur du diesel ne manquaient pas à en croire le PDG de Peugeot :  « Il faut bien voir que le diesel a un coût d’entretien et de carburant beaucoup moins élevé, pollue beaucoup moins qu’un moteur essence sans catalyseur piloté. » À l’époque, le diesel était, en effet, réputé pour moins polluer que l’essence...

Jusqu’au jour où les rejets de particules fines et de dioxyde d’azote furent étudiés. La subvention de l’État parut alors infondée. À cela, Corinne Lepage, ministre de l'Environnement de 1995 à 1997, répondait : « C’est historique, c’est un problème délicat, politique, économique, puisqu'il concerne le transport routier. » L’embarras était perceptible, mais les subventions restèrent.

Et les Français continuèrent d’acheter des voitures diesel : au début des années 2000, celles-ci représentaient près de 80% du parc automobile français. Il fallu attendre un rapport de la Cour des comptes en 2013 pour siffler la fin de la récré. « La Cour des comptes estime que le carburant préféré des Français serait responsable d’un manque à gagner de 7 milliards d’euros. Une aberration fiscale et écologique à l’heure où les nouvelles motorisations essence sont bien moins polluantes qu'avant », pouvait-on entendre. 

En 2015, l'Assemblée vota la fin d'une taxation préférentielle pour le gazole. Les prix à la pompe se rapprochèrent et cette année, pour la première fois, le prix du diesel a dépassé celui du sans-plomb 95.

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