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Comment l'Église gère les scandales de pédophilie ?

Comment l'Église gère les scandales de pédophilie ?

Ce mardi 5 octobre, la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise présidée par Jean-Marc Sauvé a rendu ses conclusions sur les abus sexuels dans l'Eglise catholique. Mais depuis que les premières affaires ont éclaté, comment les autorités religieuses ont-elles géré la situation ?

Par la rédaction de l'INA - Publié le 05.10.2021
 

Voilà trois ans, les évêques catholiques de France demandaient à Jean-Marc Sauvé, ancien vice-président du Conseil d'État, de présider une commission d'étude sur les abus sexuels sur mineurs commis par des membres du clergé. La commission a rendu ses conclusions ce 5 octobre. Le rapport Sauvé estime que 216.000 personnes ont été victimes d'abus sexuels par des clercs en 70 ans. Sur la même période, il y aurait eu autour de 3000 prêtres prédateurs sexuels.

Mais depuis que les premières affaires de pédophilie ont éclaté dans l'Eglise catholique, comment les autorités religieuses ont-elles réagi ? Quelles ont été les mesures prises ? Quelle a été leur gestion de la situation ? Ce montage d'archives en tête de cet article revient sur les faits.

Tout a commencé aux États-Unis, là où les premiers scandales ont été révélés. En 1993, plus de 400 prêtres étaient concernés. Le pape Jean-Paul II réagit. Dans une lettre, il autorise les cardinaux à prendre des sanctions religieuses envers les prêtres pédophiles. Pour autant, des diocèses tentent de contourner la justice des hommes. Exemple en 1994 dans le New Jersey.

De l'omerta à la dénonciation

En France aussi l'Église tente de dissimuler les agissements des prêtres pédophiles. Ils sont généralement transférés mais pas révoqués. Et gare à ceux qui voudraient briser la loi du silence. Dans ce collège privé en Bourgogne, quand la directrice a découvert des photos à caractère pornographique impliquant des élèves, elle a décidé de dénoncer le scandale et a été licenciée. Les affaires de pédophilie dans l'Église sont médiatisées malgré tout. Le problème est mondial dans les années 2000. Le Vatican doit agir.

En 2002, Jean-Paul II qualifie les abus de "condamnables". Puis en 2008, son successeur Benoit XVI rencontre des victimes et présente ses excuses au nom de l'Eglise. Des excuses, des rencontres avec des victimes, et des prêtres plus souvent révoqués. A son tour, le pape François demande pardon en 2016 et en appelle à la justice des hommes. C'est à ce moment qu'en France éclate l'affaire Barbarin, pour non dénonciation d'actes pédophiles. L'enquête a été ouverte en 2016 et elle est jugée en 2019. L'ancien Cardinal sera blanchi. En 2017 et 2018, 129 clercs étaient mis en cause dans des affaires de pédophilie dont 10 ont été mis en examen. De son côté, à l'époque, l'Église française avait prononcé 49 suspensions.

Dans ses conclusions, le rapport de la Commission Sauvé remarque que la majorité des agressions dans l'Église, 56%, se sont produites entre 1950 et 1970. Ce rapport financé à hauteur de 3 millions d'euros par l'Eglise doit lui permettre d'appréhender l'ampleur du phénomène, et de formuler des recommandations qui permettront de lutter efficacement contre ces scandales.

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