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2003, Saint-Pierre-et-Miquelon face à la" vache folle" du Canada

2003, Saint-Pierre-et-Miquelon face à la" vache folle" du Canada

Le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA), ratifié mardi 23 juillet 2019 à l’Assemblée nationale, réveille le souvenir des farines animales, responsables de la crise de la vache folle. En 2003, le Canada était touché par l'épidémie faisant une victime collatérale inattendue : Saint-Pierre-et-Miquelon.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 24.07.2019 - Mis à jour le 24.07.2019

2003, Saint-Pierre-et-Miquelon face à la" vache folle" du Canada

Le traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA), ratifié mardi 23 juillet 2019 à l’Assemblée nationale, réveille le souvenir des farines animales, responsables de la crise de la vache folle. En 2003, le Canada était touché par l'épidémie faisant une victime collatérale inattendue : Saint-Pierre-et-Miquelon.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 24.07.2019 - Mis à jour le 24.07.2019
 

Les députés français ont voté, mardi 23 juillet 2019, la ratification du traité de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada (CETA) par 266 voix contre 213. Cet accord controversé soulève notamment la question de la réintroduction des farines animales dans l'UE.

Dans son article du 22 juillet 2019, le journal Le Monde revenait sur cet aspect épineux du CETA. En effet, l'UE interdit l'alimentation animale à base de farines animales depuis une vingtaine d'année, après qu'une épidémie de vache folle ait sévi dans les cheptels nourris avec cette nourriture.

L'article explique pourquoi ces farines vont revenir de manière détournées dans l'UE avec le CETA : "En épluchant les réglementations vétérinaires canadiennes et européennes avec l’aide d’experts, une conclusion finit par se dessiner : les pouvoirs publics se sont trompés en jurant que l’interdiction des farines animales était absolue. Un trou dans la législation autorise en fait les éleveurs canadiens à nourrir leurs bœufs avec des farines produites à partir de ce qu’il reste de leurs congénères une fois découpés à l’abattoir – le sang, les poils, le gras – et à les envoyer sur le sol européen sans que le consommateur en soit informé." (Le Monde, 22 juillet 2019)

En 2003, le Canada connaissait un épisode de "vache folle", menaçant indirectement l'archipel français de Saint-Pierre-et-Miquelon...

"La viande de boeuf n'est pas cachée bien au contraire, tout semble normal... mais le présentoir de charcuterie n'est pas très bien garni."

En mai, un premier cas  d'E.S.B. (Encéphalographie Spongiforme Bovine) ou maladie de la "Vache Folle" était détecté en Alberta, une province canadienne. A l'époque, Saint-Pierre-et-Miquelon s'approvisionnait en quasi-totalité avec la viande de bœuf canadienne. Autant dire que la crise fut rapidement prise au sérieux. Un arrêté pris par le Préfet Valleix fixe en urgence les mesures à prendre pour empêcher toute transmission éventuelle de la maladie. Ce reportage dans un supermarché nous montre comment les commerçants s'organisent pour l'appliquer et retirer la viande incriminée de leurs rayons. Une assistante de direction d'un supermarché nous emmène dans le rayon "boeuf" à moitié vide.

Si elle constate que les viandes à problèmes ont bien été retirées de la vente (T bone, cervelle, moelle épinière, ris de veau, tripes), la question reste ouverte avec les aliments pour animaux, où l'on trouve également du bœuf, mais aussi avec les produits contenant de la graisse animale : "Maintenant va venir le problème avec les fournisseurs. Il va falloir s'orienter vers des produits alternatifs. Soit des saucisses pur bœuf ou pur produit. On doit recevoir des listes pour s'assurer que ces produits ne peuvent pas poser de problèmes."

D'autres mesures sont également prises concernant les déchets à risque (restes de découpes, viscères, etc.). Ils ne peuvent plus être donnés aux clients, par exemple pour leurs animaux domestiques. Ils sont simplement jetés dans des sacs, ensuite incinérés. Le reportage s'achève en expliquant que les rôtis, filets et bavettes restent consommables sans soucis. Les services de l'agriculture, de la DDASS et des fraudes allaient aussi contrôler les lots en provenance du Canada.

Ces farines qui nourrissent les bœufs canadiens ne seraient pas aussi nocives que celles qui provoquèrent la crise de la vache folle, reste qu'à travers l'accord du CETA, elles vont à nouveau entrer dans l'UE alors qu'elle les avait interdites dans tous ses pays ressortissants depuis le 4 décembre 2000.

Pour aller plus loin

Lien vers l'article complet de Maxime Vaudano, publié le 22 juillet 2019 dans Le MondeCETA et farines animales : comment le gouvernement s’est trompé 

D'un soleil à l'autre : les vaches folles. La maladie de la vache folle explose en Grande-Bretagne. Les spécialistes parlent d'encéphalopathie spongiforme bovine. Cette infection a été transmise selon toute vraisemblance par des farines animales. (10 juin 1990)

Embargo : refus du boeuf aux hormones américain en Europe malgré la pression américaine. "J'en mange moi même, et je nourris mes enfants avec cette viande, et je vous assure que je ne vais pas exposer mes enfants à quoi que se soit qui ne soit pas sain". (Soir 3, 12 mai 1999)

Florence Dartois


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