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1986 : à la recherche de comprimés d'iode après la catastrophe de Tchernobyl

1986 : à la recherche de comprimés d'iode après la catastrophe de Tchernobyl

Après que VladimirPoutine a placé « en alerte » ses forces nucléaires, des Français cherchent à se procurer des pastilles d'iode. Comme en 1986. A l'époque, c'était pour se prémunir du nuage radioactif de Tchernobyl, mais les pharmaciens mettaient en garde contre les risques de l'automédication.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 04.03.2022
 

Depuis que Vladimir Poutine a « mis en alerte » la force de dissuasion nucléaire russe, des Français tentent de se procurer des pastilles d’iode en pharmacie. Une tendance qui risque de s’accentuer après que la centrale nucléaire de Zaporijia, dans le sud-est de l’Ukraine, a été touchée par des tirs de l’armée russe. Tirs qui n’auraient, selon les dernières informations, pas atteint les installations sensibles.

Le Parisien nous explique que l’iodure de potassium, ou iode stable, « protège la thyroïde de l’iode radioactif qui pourrait être rejeté dans l’environnement ». Mais son administration, extrêmement encadrée, est absolument déconseillée de manière préventive. D’après le site de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), dont les informations sont reprises par Le Parisien, ces comprimés « doivent être administrés en situation accidentelle et uniquement sur instruction des autorités, au plus tôt une heure avant l’exposition à la radioactivité, et au plus tard dans les 6 à 12 heures qui suivent ».

En France, les pharmacies situées dans un périmètre de 20km autour des centrales sont censées disposer d’un stock de comprimés d’iode en cas d’accident nucléaire, et de façon générale, toujours selon Le Parisien, qui cite Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France, la France dispose de « stocks nécessaires ».

Cette préoccupation de Français – et d’Européens – pour se constituer des réserves d’iode rappelle les lendemains de la catastrophe de Tchernobyl, survenue dans la nuit du 25 au 26 avril 1986. Face au risque que fait peser le nuage radioactif sur l’Europe, des personnes cherchaient à se procurer de l’iode. Un sujet de France 3 Reims du 2 mai 1986, placé en tête d’article, illustre cet état d’esprit, où règnait l’inquiétude, dans une région champenoise déjà très nucléarisée, avec les centrales de Nogent-sur-Seine et de Chooz.

Interviewée au cours du reportage, Madame Leger, pharmacienne à Reims, alertait sur les risques d’une auto médication : « L’iode est un produit toxique qui est soumis à une certaine réglementation », tout en précisant que les « gens, inquiets […], méritaient d’être informés par les pouvoirs publics. » Selon Guy Ledouble, professeur à la faculté de pharmacie, interviewé dans le même reportage, « prendre de l’iode risquerait de dégrader la muqueuse du tube digestif ». Lui aussi demandait de « s’abstenir », et déconseillait « l’automédication » préventive.

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