Aller au contenu principal
Des traditions de Pâques bruyantes en Picardie en 1975

Des traditions de Pâques bruyantes en Picardie en 1975

Il y a 50 ans, dans un village de Picardie, on pratiquait encore une vieille tradition. Pour remplacer les cloches parties à Rome, les garçons ressortaient crécelles et autres objets en bois pour prévenir des offices religieux. Cette année-là, une révolution bouleversait cette tradition ancestrale.

 

Par Florence Dartois - Publié le 09.04.2020 - Mis à jour le 14.04.2022
Pâques insolites - 1975 - 03:36 - vidéo
 

Tous les enfants les attendent ! A Pâques, les cloches passent déposer les œufs en chocolats dans les jardins. Mais quand les cloches sont absentes, que faire ? C'est ce que nous dévoile l'archive de 1975 proposée en tête d'article.

Cette année-là, dans un village de Picardie, on pratiquait encore une vieille tradition, le pocage. Pour remplacer les cloches parties à Rome, les garçons ressortaient crécelles et autres objets en bois pour annoncer les offices religieux. D'abord réservée aux enfants de chœur, qui passaient autrefois de maison en maison pour recevoir des dons de la part des habitants (des oeufs frais), en guise de rétribution pour les services rendus. La tradition s'était ensuite étendue à tous les petits garçons du bourg. Et en 1975, année de la femme, les filles accompagnaient les garçons pour la première fois !

Sur les pas des portes, les vieilles dames étaient ravies : « Moi je n'aurais pas eu le droit de défiler avec les garçons ! », regrettait l'une d'elle. « Maintenant, les garçons et les filles, c'est pareil », approuvait une autre.

Pas de cloches mais de vrais œufs

L'occasion pour les « Anciens » de ressortir leurs propres crécelles conservées précieusement, et de se rappeler du « bon temps », où il fallait se lever à « 5 heures du matin » pour faire résonner les instruments en bois, ou craindre « une amende » en cas de défection. Et comme toute peine méritait salaire, le samedi de Pâques, les enfants passaient dans les maisons pour récolter de vrais œufs, et « quelques sous », pas des œufs en chocolat !

Rien dans les attitudes ni dans les chants n'avaient changé, mais les « vieux » s'attendaient à la fin de cette tradition, pour une raison bien précise, les basses-cours se raréfiaient. Bientôt les vrais œufs, issus de « vraies poules élevées au grains », ce serait fini, constatait une ancêtre bien ridée : « Avant on faisait un repas avec un œuf, maintenant le siècle il a changé, il n'y a plus rien de pareil ! ».

 

S'orienter dans la galaxie INA

Vous êtes particulier, professionnel des médias, enseignant, journaliste... ? Découvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les réseaux sociaux, inscrivez-vous à nos newsletters.

Suivre l'INA éclaire actu

Chaque jour, la rédaction vous propose une sélection de vidéos et des articles éditorialisés en résonance avec l'actualité sous toutes ses formes.