Abolir l’inégalité raciale

Martin Luther King est né en 1929 à Atlanta. Bien que né dans un milieu aisé, il est confronté dès son plus jeune âge à la ségrégation. Son combat pour l’égalité des droits entre les Noirs et les Blancs débute au milieu des années 50.

En 1953, il est nommé pasteur dans une église baptiste de Montgomery en Alabama. La région est marquée par de nombreux actes violents commis contre les Noirs, dont le meurtre raciste d’un jeune garçon de 14 ans, Emmett Till, en 1955 est le paroxysme.

Le problème Noir aux Etats-Unis, 1963

Ce fait-divers marque le début de l’engagement actif de Martin Luther King. Il soutient Rosa Parks, première femme noire à rejeter les lois ségrégationnistes en refusant de céder sa place à un homme blanc dans le bus. 

En réaction à son arrestation, l’homme de foi mène le boycott des transports de la ville. L’action dure plus d’un an. Le pasteur est arrêté, sa maison dynamitée. Il ne cède pas aux menaces.

L’affaire se clos par un vote par la Cour suprême des États-Unis, le 21 décembre 1956, déclarant illégale la ségrégation dans les autobus, restaurants, écoles et autres lieux publics.

En 1964, il décrit la situation des Noirs dans son pays, particulièrement dans les états du sud : un constat lucide et accablant.

La ségrégation aux USA, octobre 1964 (audio en VO)

En 1965, il participe à une grande marche pour l’intégration sociale à Selma. "La ségrégation est sur son lit de mort en Alabama et, une chose dont je suis certain, c'est que [le gouverneur] Wallace conduira les funérailles ».

Marche pour l’intégration sociale, mars 1965

La désobéissance civile non-violente

A partir de 1957, à la tête de la « Conférence des dirigeants chrétiens du Sud » (SCLC), Martin Luther King conduit des protestations non-violentes pour les droits civiques. Il adhère à la philosophie de désobéissance civile non-violente prônée par Henry David Thoreau et utilisée avec succès en Inde par Gandhi. Dans ce document sonore de décembre 1964, il explique ce qui l'a porté à devenir l'apôtre de la non-violence.

La non-violence, décembre 1964 (traduction alternée)

Il donne ensuite sa définition de ce concept.

Définition de la non-violence, 1965, (traduction alternée) 

En 1963, il est au côté des étudiants noirs de Birmingham qui protestent contre le renvoi de 1100 de leurs camarades. « La vérité est du côté de ces étudiants. L'heure est maintenant venue pour eux de la liberté et de la dignité humaine. Cela représenta la liberté de tous les noirs des USA »

Etudiants Noirs de Birmingham, 23 mai 1963

Le militant pacifique n’utilisera jamais aucune violence et ne l’encouragera pas non plus. Ses mots deviennent son arme la plus puissante et la plus convaincante. En septembre 1964, il déclare en français : "Je suis contre la violence. Je suis optimiste pour l'avenir des Noirs de Birmingham. Nous gagnerons l'égalité raciale."

L’égalité raciale, septembre 1964 (en français)

Le 28 août 1963, à l’occasion de la grande marche des Noirs pour l’égalité des droits à Washington, il prononce un discours devant le Lincoln Mémorial dont une phrase est restée célèbre « I have a dream » … “I still have a dream this afternoon one day white and black children will sit together in the same classroom"

Le défenseur de l’égalité sillonne le monde et se rend partout où son message de paix peut être relayé. En septembre 1964, il se rend à Rome auprès du Pape Paul VI.

Martin Luther King reçu par sa sainteté le pape Paul VI , septembre 64, (traduction alternée) 

En 1966, il participe à la « Grande nuit pour l’égalité raciale » à Paris.

 Interview de Martin Luther King au Palais des sports la nuit pour l’égalité raciale, avril 1966 (traduction simultanée)

Lorsqu’il ne peut se déplacer, ses sermons sont enregistrés et diffusés dans les églises baptistes, parfois au-delà des océans. En juillet 1966, la voix du sage retentit dans la cathédrale de Genève.

Retransmission d’un sermon dans la cathédrale de Genève, juillet 1966

Le plus jeune prix Nobel de la paix

Désormais, plus rien ne semble faire obstacle à l’abolition de la ségrégation. Le monde entier rend hommage au pacifiste inébranlable. En octobre 1964, Martin Luther King devient le plus jeune lauréat du prix Nobel de la paix. Il est récompensé pour sa lutte non violente contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis.

Discours Nobel (extrait, traduction simultanée)

 « J’accepte le prix Nobel de la paix au moment où 22 millions de noirs américains sont engagés dans une bataille constructive pour mettre fin à la nuit de l'injustice raciale. J'accepte cet honneur avec la conviction que le mouvement pour les droits civiques qui avance avec détermination établira le règne de la justice et les règles de la liberté ».

Après le remise de son prix Nobel, il passe par Paris et rend hommage à la France dont la devise est « Liberté, Egalité, Fraternité ».

Hommage à la France, décembre 1964 (audio en VO)

Sa puissance de conviction et son charisme sont tels que le président américain John F. Kennedy lui apporte son soutien dans la lutte contre la ségrégation raciale aux États-Unis.

L’action politique

Son action politique porte ses fruits. La plupart des droits dont il rêve seront promulgués par le « Civil Rights Act » le 2 juillet 1964 et, le « Voting Rights Act » en août 1965, sous la présidence de Lyndon B. Johnson. Ces deux textes rendent la discrimination illégale.

Interview du pasteur Martin Luther King, prix Nobel de la paix sur la signature de la seconde loi.

Vote de la loi sur les droits civique, août 1965 (traduction simultanée)

Cependant, la situation est toujours tendue dans plusieurs états et le pasteur reste vigilent. Il n’hésite pas à dénoncer les violences policières de Los Angeles en août 1965.

Émeutes raciales de Los Angeles, août 1965 (traduction alternée)

En novembre, il présente son grand projet : l'organisation d'un mouvement non violent pour protester contre les injustices raciales. Il décrit les actions possibles.

Interview du pasteur Martin Luther King, racisme aux USA, novembre 1965 (traduction simultanée)

La voix de l’égalité assassinée

Son combat pacifique prend fin le 4 avril 1968 avec son assassinat officiellement attribué à James Earl Ray, dont la culpabilité et la participation à un complot sont toujours débattues. La veille il prononçait encore un poignant discours.

Martin Luther King, l’atteinte aux droits civiques des Noirs extrait de son tout dernier discours, 3 avril 1968

Ce meurtre provoque de violentes révoltes dans tout le pays. 50 000 soldats et gardes nationaux sont mobilisés pour rétablir l’ordre.

Michel Forgit,  j’étais à Harlem, 17 avril 1968

Des funérailles nationales sont organisées.

Obsèques de Martin Luther King à Atlanta par Jean-Clause Héberlé, 9 avril 1968

Une marche pacifique est organisée pour lui rendre hommage.

Marche des noirs en l’honneur de Martin Luther King , 8 avril 1968

Le pasteur n’est pas mort pour rien. Son souvenir est toujours intact : En 1977, Jimmy Carter lui décerne à titre posthume la médaille présidentielle de la liberté.

En 1978, il reçoit le prix des droits de l'homme des Nations unies et en 2004, la médaille d'or du Congrès.

Il est considéré comme l'un des plus grands orateurs américains du XXème siècle. Depuis 1986, le Martin Luther King Day est un jour férié aux États-Unis. Il est fêté chaque année le troisième lundi du mois janvier, autour du 15 janvier, date de l'anniversaire du révérend.

Pour aller plus loin : 

Martin Luther King en vidéos : "Le rêve de Martin Luther King" (article)

Documentaire : "Mort à Memphis : le mystérieux assassinat de Martin Luther King", 2003

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Rédaction Ina le 02/08/2013 à 16:09. Dernière mise à jour le 14/10/2019 à 09:21.
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