Dans le sud du Pérou, au pied de la cordillère des Andes, s'étendent d'antiques cités et un immense réseau de lignes géométriques et de géoglyphes. Invisibles depuis le sol, ces tracés génèrent une multitude d'hypothèses quant à leur origine et leur rôle. Découverte des lieux.

Les géoglyphes de Nazca, appelés communément lignes de Nazca, sont de grandes figures tracées sur le sol. Les motifs tracés représentent souvent des animaux stylisés (oiseau, araignée…), parfois de simples lignes longues ou des formes géométriques de plusieurs centaines de mètres à plusieurs kilomètres. Ils auraient été réalisés pour la plupart entre -200 et 600 de notre ère

Elles sont attribuées aux indiens Nazcas, (300 av. J.-C. et 800 de notre ère.)

Elles sont invisibles au sol

Depuis leur découverte en 1927, elles intriguent les archéologues car ce réseau n'est visible que du ciel. A terre, on ne les distingue pas. Le sol sur lequel se dessinent ces géoglyphes est couvert de cailloux que l'oxyde de fer colore en rouge.

Les archéologues émettent l'hypothèse qu'en les ôtant, les Nazcas ont fait apparaître un sol gypseux grisâtre, découpant ainsi les contours des figures qu'ils traçaient.

Ces lignes et géoglyphes sont inscrits, sous la désignation "Lignes et géoglyphes au Nasca et Palpa", sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1994

Une énigme qui suscite les passions

Cet immense réseau de lignes géométriques et de géoglyphes reste une énigme et pose une multitude de questions restées sans réponses jusqu'à ce jour : à qui s'adressaient ces figures énigmatiques uniquement visibles du ciel et quelle était leur signification ?

Parmi les hypothèses contestées par l'archéologie officielle, il y a celle d'une civilisation extraterrestre qui aurait tracé des pistes d'atterrissages ou celle d'un calendrier astronomique, défendue par la mathématicienne allemande Maria Reiche qui a travaillé sur place une trentaine d'années.

Cette guerre entre l'archéologie officielle et non officielle est parfaitement illustrée dans cet extrait de l'émission Apostrophes diffusée en 1975, et présentée par Bernard Pivot. Au cours du débat très passionné, Jean-Pierre Adam s'oppose à Francis Mazières et Christine Dequerlor qui sont allés sur place et qui n'écartent pas l'intervention extraterrestre.

 

L'hypothèse des tisserands

En 1983, dans Apostrophes, Henri Stierlin présente l'album L'Art inca et ses origines et parle des civilisations précolombiennes. Après avoir cité les différentes thèses sur le sujet, il propose ensuite une explication des dessins et des signes de Nazca qu'il expose dans Nazca, la clé du mystère. D'après lui, ceux-ci étaient utilisés pour la fabrication de fils destinés à tisser les immenses linceuls des momies. Il parle du rôle central du tissu dans cette civilisation.

 

Le calendrier astronomique de Maria Reiche, la "dame de Nazca"

La mathématicienne allemande Maria Reiche a consacré la majeure partie de sa vie à l'étude archéologique et à la préservation du site.

Dans ce reportage de Jacques Collet de 1980, elle donne ses motivations pour avoir passé 30 ans de sa vie à Nazca. Pour elle, "c’est une énigme extraordinaire". La seule qu’elle ait résolu, c’est la construction des figures.

 

Elle défendait la thèse selon laquelle les géoglyphes formeraient un immense calendrier astronomique, dont les lignes indiquent des étoiles remarquables ou des constellations et correspondent à des dates importantes dans le calendrier agraire (semailles, récoltes). Elle trouvait des similitudes avec le calendrier juif.

Selon Maria Reiche, la figure de l'araignée serait une projection anamorphique de la constellation d'Orion. Trois des lignes droites aboutissant à la figure auraient servi à suivre les déclinaisons des trois étoiles de la ceinture d'Orion.

Pour aller plus loin

Robert Charroux : L'énigme des Andes - Les pistes Nazcas, la bibliothèque des Andes (Audio, 1974)

Tout fini par être vrai : jeux de pistes à Nazca. Henri Gougaud et Jacques Pradel évoquent le mystère qui plane sur le plateau de Nazca au Pérou où se situent des géoglyples (dessins un singe, un araignée, un oiseau etc. ) uniquement visibles depuis le ciel et découverts aux alentours de 1930 quand l'homme a pu voler. (1978, audio)

Apostrophes : explorateurs des secrets de l'univers ou bricoleurs de l'impossible. L'émission accueillent plusieurs auteurs dits de "l'archéologie interdite" qui expliquent plusieurs mystères archéologiques par la venue dans le passé d'extraterrestres, fondateurs des anciennes civilisations (Christine Dequerlor, Maurice Châtelain, Francis Mazières). Face à eux dans le rôle du contradicteur, l'archéologue Jean-Pierre Adam (Premium, 28 novembre 1975)

Rédaction Ina le 22/01/2019 à 11:50. Dernière mise à jour le 23/01/2019 à 11:26.
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