Une enquête parlementaire est menée dans les Antilles au sujet du chlordécone, un insecticide potentiellement cancérigène, utilisé massivement dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique pendant une trentaine d'années. Retour sur un scandale sanitaire.

En 2007, le Pr Dominique Belpomme alertait sur une « affaire [...] plus grave que le sang contaminé puisque c'est une population entière qu'on a empoisonnée ». Interdit d'utilisation aux Etats-Unis dès 1976, puis en France métropolitaine en 1990, le chlordécone a cependant encore été utilisé jusqu'en 1993 dans les Antilles françaises.

En 1998, René Amaury, technicien à la Chambre d'agriculture, était déjà conscient du problème : « nous savons qu'en ce moment il y a des stockages de molécules au niveau de nos sols, mais aussi, n'ayant pas de labos pouvant mesurer les taux de résidus de pesticides dans pas mal de produits, nous ne savons pas trop à quoi nous nous exposons ». 

En 2000, le pesticide est suspecté d'être à l'origine de cancer, comme l'expliquait le Dr Daniel Vacque, avec en Guadeloupe un taux « trois à quatre fois supérieur de cancer de la prostate qu'en Europe ».

L'enquête parlementaire actuellement sur le sol antillais a donc pour mission de faire toute la lumière sur ce qui s'annonce bien comme l'un des plus grands scandales sanitaires français de ces dernières décennies.

Rédaction Ina le 17/09/2019 à 11:29. Dernière mise à jour le 17/09/2019 à 11:57.
Economie et société