Interview de M Pompidou par S Maffert, journaliste "France Soir" - Vidéo Ina.fr

Interview de M Pompidou par S Maffert, journaliste "France Soir"

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Interview de M Pompidou par S Maffert, journaliste "France Soir"

video 12 mars 1970 3786 vues 32min 15s

Interview du Président de la République par le journaliste de France Soir, Serge MAFFERT. - Suite au VOYAGE DE POMPIDOU aux ETATS UNIS en février : "Qu'attendiez vous de vos conversations avec M. NIXON, PDT des Etats Unis, d'une façon précise, en avez vous ramené ce que vous espériez ?". - REPONSE : tout d'abord Pompidou note que le journaliste Serge Maffert, l'a accompagné lors de ce voyage. Puis, il énumère les trois buts de ce voyage : 1) "témoignage de l'amitié séculaire et profonde entre la France et les Etats Unis". 2) "ensuite je voulais faire la connaissance du PDT Nixon", il insiste sur l'importance des relations personnelles. 3) "faire le tour d'horizon ... des questions politiques qui peuvent se poser à la France et aux Etats Unis". Ainsi, ils ont fait un tour d'horizon des problèmes du monde et ils sont parvenus à s'entendre notamment sur le poblème du Moyen Orient. D'après Pompidou, il a des sentiments proches de ceux de Nixon. Lors de son passage à Chicago, des manifestants s'en sont pris à lui et à sa femme, ce qu'il n'a pas accepté dans cet affrontement c'est la "complicité des autorités ... conduit les manifestants jusqu'à pouvoir nous jeter à ma femme et à moi des insultes à la figure ... ce n'était pas de Georges Pompidou dont il s'agissait mais de la France, de l'honneur de la France..." Ll'intervention de Nixon dans cette affaire a renforcé les liens franco américains "... amitié est sortie reconforté". - Ce qui a été frappant c'est l'insistance du PDT NIXON à promouvoir l'AMITIE FRANCO-US, et en même temps il semble qu'il y ait un certain froid entre les relations, comment expliquez vous cela ?" - REPONSE : "... un Etat pense en premier lieu aux intérêts de son pays... Nixon acceptait que le France ait un rôle indépendant ... a senti que la France comptait ... parce qu'elle a une valeur morale ... intellectuelle... depuis que le Général De Gaulle a terminé la décolonisation, nous avons la chance de pouvoir mettre en place une action en accord avec nos principes... C'est ce qui fait notre force, c'est pourquoi nous comptons et Nixon l'a vu." Par rapport à l'Europe, les Etats sont divisés, d'un côté ils sont pour, ça les décharge de certaines fonctions. D'un autre côté l'Europe unie devient un concurrent pour eux. - "Vous avez à faire en AUTOMNE UN AUTRE VOYAGE IMPORTANT A MOSCOU, ces visites russes et américaines comment les représentez vous l'une par rapport à l'autre ?" - REPONSE : d'une part la France est l'allié des Etats Unis, d'autre part "nous sommes les voisins de la puissance soviétique". - POLITIQUE EXTERIEURE : "A propos de PAIX pensez vous que la France peut faire quelque chose au MOYEN ORIENT, en ASIE, les pays où cela n'existe pas ?". - REPONSE : il a le "sentiment que la France peut aider à la paix comme au Vietnam et en Indochine". On y garde "beaucoup d'amis... la France recherche l'intérêt des uns et des autres... n'a pas d'intérêt personnel". - Suite aux AFFRONTEMENTS ENTRE POLICIERS ET ETUDIANTS A L'UNIVERSITE DE NANTERRE, hier le 2 mars : "en POLITIQUE INTERIEURE aussi, on espère et désespère, la masse silencieuse est de plus en plus préoccupée par les masses qui usent de violence, comment comptez vous assurer à la fois l'autorité de l'Etat et la tranquillité de tous, particulièrement à l'université ?". - REPONSE : "il ne faut confondre le malaise de l'université et l'action de groupes révolutionnaires... qui entendent détruire la société par la violence ... c'est à l'état d'assurer l'ordre, la sécurité des gens et des biens...". Il évoque la loi d'orientation pour l'université qui permet à chacun de ces établissements d'être autonome dans son organisation, "les universités doivent se gouverner elles-mêmes, organiser leur vie, leurs études ... à la fin on doit voir ce qui en ont été capables et ceux qui ne l'ont pas été...". S'il y a désordre, il jugera que l'autonomie n'est pas possible et l'Etat interviendra à nouveau mais, pour l'instant il fait confiance à l'autonomie de chacun. "Pour l'instant, il n'est pas tolérable d'empêcher les cours, de détruire le matériel ... la nation fait des sacrifices pour l'université ... l'université est essentielle dans la nation de demain". - "Je vous demanderais de préciser le rôle, LA PLACE DE L'UNIVERSITE A L'INTERIEUR DE LA NATION ?". - REPONSE : "la nation a le droit d'exiger des résultats car c'est elle qui finance". - Problèmes de l'EMPLOI, de LA HAUSSE DES PRIX, des SALAIRES, DE L'INFLATION : - REPONSE : si la France veut compter dans le monde, il faut qu'elle soit "un poids économique". "... l'agriculture est une richesse fondamentale ... porter un effort sur l'industrialisation ... dans les années qui viennent, nous devons travailler et épargner... Ce n'est que par le travail que l'on crée et que par l'épargne que l'on débloque les capitaux nécessaires pour l'investissement... Quand on demande à un peuple des efforts prolongés, il faut des compensations ... les français n'accepteront pas de se priver du superflux, d'un plaisir, d'une fantaisie quelque fois même de ce qui est utile, voire nécessaire..." Il cite l'exemple de la machine à laver. Il faut que les français se sentent dans un pays où chacun est utile. - "Ne craignez vous pas que cette INDUSTRIALISATION ne fasse porter un poids trop lourd à certaines catégories de la population française". - REPONSE : "Notre effort, c'est d'éviter cela... politique du contrat de progrès". Il cite les efforts du gouvernement dans les charbonnages, à l'EDF, dans la transformation du SMIC, "pour relever le niveau de vie des plus pauvres". Il a lancé l'actionnariat chez Renault pour que les ouvriers participent au capital de l'entreprise. Il est en train de lancer la mensualisation pour les travailleurs, pour ne pas que les ouvriers, payés actuellement à l'heure, soient différents des employés et des cadres. "La mère de famille aura une impression de sécurité ... elle sait ce que son mari lui rapportera à la fin du mois". Dans le secteur privé, l'Etat ne peut pas agir, il doit "régenter". - Pour les Français le problème des prix est capital on peut se demander si toute cette mise en oeuvre n'amènera pas une HAUSSE DES PRIX ? - REPONSE : le monde entier est en état d'inflation. Il y a des causes conjoncturelles, ainsi l'hiver rude provoque des manques de céréales, de beurre, "tout cela compte pour la ménagère". La hausse des prix est un phénomène mondial - Dans le vaste éventail des fonctions du PDT de la République, laquelle nous parait elle la plus pénible, laquelle la plus agréable ?". - REPONSE : "... les grandes décisions ne sont ni pénibles, ni agréables, je veux dire par là qu'elles s'imposent ... c'est un problème de courage ... ce n'est pas un problème de choisir entre le bien ou le mal". Il éprouve un problème personnel pénible dans la décision de la grâce ou non d'un condamné à mort. Ce qui lui est agréable, c'est quand sa fonction lui permet d'aider des personnes qui lui écrivent pour lui soumettre leurs difficultés ou malheurs. - Ces propos sont suivis d'un silence entre les deux hommes et l'enregistrement se termine. Il n'y a pas de formules de politesse pour terminer.

Production

producteur ou co-producteur

Office national de radiodiffusion télévision française

Générique

journaliste

Serge Maffert

participant

Serge Maffert

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