Voeux du Président de la République : François Mitterrand - Vidéo Ina.fr

Voeux du Président de la République : François Mitterrand

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Voeux du Président de la République : François Mitterrand

video 31 déc. 1991 4087 vues 08min 44s

Le Président de la République, François Mitterrand, a présenté ses voeux aux Français (enregistrés dans un bureau de l'Elysée) : - "Mes chers compatriotes : l'année qui s'achève a été difficile. Nous l'avons commencée dans l'épreuve de la Guerre du Golfe. Je vous ai demandé à l'époque de vous unir. Le courage de nos soldats et l'entente avec nos alliés ont fait le reste. Et nous avons, ensemble, rétabli le droit. Mais entre Israël et les pays arabes, la paix reste en suspens tandis que plus près de nous l'Algerie se cherche. Là comme ailleurs, l'histoire n'est jamais en repos. - L'europe, de son côté, a connu des bouleversements sans pareils. L'Union soviétique a perdu son empire et s'est écroulée sur elle même, effaçant à la fois la trace de Staline et celle de Pierre le Grand. Le départ, ces derniers jours, de M. Gorbatchev par qui tout fut possible ; la fin de la guerre froide, le désarmement, l'approche de la démocratie sur cette terre brûlée par des siècles de despotisme laissent place à des Républiques souveraines à qui nous adressons nos voeux, mais qui ont encore à trouver leur voie pour que reculent la misère et la faim et pour qu'on sache où siège la responsabilité nucléaire. - Depuis quelques mois, nous avons dans les yeux les images terribles des combats que se livrent les peuples de Yougoslavie, hier encore associés sous un même drapeau. Comment arrêter cette guerre ? La France soutient les efforts de négociation et d'arbitrage de la Communauté et des Nations unies. Elle reconnaît le principe de l'autodétermination. Mais il lui paraît urgent que soient mises en place des structures intereuropéennes, où le droit à l'indépendance ne se confondra pas avec l'anarchie des tribus d'autrefois. Ce sera, je pense, l'un des enjeux majeurs de 1992. - Car l'inquiétude gagne L'Europe de L'Est, où l'on redoute la contagion. Comment cette inquiétude nous épargnerait elle, nous qui, à l'Ouest, avons pourtant la chance de vivre en paix et d'avoir dépassé nos propres divisions ? Raison de plus de se réjouir des récents accords de Maastricht. Une monnaie commune, l'amorce d'une diplomatie, d'une défense et d'une armée communes à l'Europe des Douze, une charte sociale, l'exemple de stabilité offert aux peuples qui se déchirent, bientôt 350 à 360 millions d'Européens solidaires sur la scène du monde - en attendant les autres - bref, l'Europe qui se fait, voilà un grand dessein, capable d'enthousiasmer, de rassembler et de justifier l'espérance. - C'est au printemps prochain que la France aura à ratifier le traité auquel j'ai souscrit en son nom. Cinq siècles exactement après la découverte de l'Amérique, ce sera une autre manière de découvrir l'Europe, celle du troisième millénaire. - Chez nous, nous subissons une crise de langueur, économique sans doute, psychologique aussi. On s'est lassé d'attendre la reprise. On espérait des Etats Unis qu'ils donneraient le signal. Mais le signal n'est pas venu.

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Antenne 2

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participant

François Mitterrand

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