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Visite privée du musée du quai Branly avant son ouverture, en 2006

Visite privée du musée du quai Branly avant son ouverture, en 2006

Le 20 juin 2006, Jacques Chirac inaugurait le musée Branly consacré à sa passion des arts premiers. Dix jours avant son ouverture au public, les caméras de France 3 avaient pu bénéficier d'une visite privée...


Par la rédaction de l'INA - Publié le 18.06.2021 - Mis à jour le 18.06.2021

Visite privée du musée du quai Branly avant son ouverture, en 2006

Le 20 juin 2006, Jacques Chirac inaugurait le musée Branly consacré à sa passion des arts premiers. Dix jours avant son ouverture au public, les caméras de France 3 avaient pu bénéficier d'une visite privée...


Par la rédaction de l'INA - Publié le 18.06.2021 - Mis à jour le 18.06.2021
 

Ce musée, le dernier né de la capitale, est consacré aux arts d'Afrique, d'Asie, d'Océanie et des Amériques. C'est le grand projet culturel de la présidence de Jacques Chirac. En 1995, le chef de l'Etat lance l'idée d'un musée dédié aux arts "primitifs". Le projet débute l'année suivante. Jean Nouvel en sera l'architecte. A quelques jours de l'ouverture, le musée bourdonne comme une ruche. Les derniers travaux ne sont pas encore achevés, les objets pas tout à fait installés mais Germain Viatte, le conservateur général du patrimoine Muséographie, nous guide dans l'édifice tout en revenant sur les 10 années de gestation tumultueuse du projet. Suivons-le. 

Lorsqu'il pénètre dans le bâtiment de Jean Nouvel, le visiteur tombe d'emblée sur "la grande tour de verre des instruments de musique" : 23 mètres de haut, une réserve de 9000 objets rares. Une volonté de rappeler l'universalité de l'art à travers toutes les cultures.

Préserver un patrimoine universel

A l'époque du reportage, le musée n'est pas encore achevé, alors les salles d'exposition ne sont pas visibles, mais Germain Viatte nous entraîne vers les salles de restauration, lieu stratégique et secret où son chouchoutées les plus de 3500 pièces de la collection permanente "du monumental au plus délicat", soit 1% du fond permanent : "Tous les objets ont été restaurés, inventoriés, réinterprétés", précise le commentaire en dévoilant quelques étapes de la numérisation de la banque d'images. A l'époque, c'est une première scientifique car "systématique et mise en ligne sur Internet".

Ce rassemblement des collections nationales n'a pas été sans soulever quelques oppositions et le reportage ne passe pas sous silence le démantèlement de certaines collections de grands musées nationaux, voire des musées eux-mêmes, à l'image du musée de l'Homme, à Chaillot et de celui des Arts d'Afrique et d'Océanie, situé Porte Dorée, définitivement fermés en 2003. Mais le conservateur revient sur l'essentiel à ses yeux : "Ces objets appartiennent au patrimoine national français mais en même temps ce sont des objets qui viennent du monde entier. Et ces cultures qui se retrouvent à Paris, nous avons une vraie responsabilité d'interprétation, de conservation, de diffusion et de collaboration avec ces pays". Le musée se veut un trait d'union entre les cultures.

La nature, écrin végétal du musée

A l'extérieur, on ne chôme pas non plus. La façade est à elle seule une pièce d'art. L'innovation, c'est un mur végétal de 8000 mètres carrés érigé par le botaniste du CNRS Patrick Blanc, une biodiversité exceptionnelle accrochée tout simplement sur du feutre. "Les racines se développent dans le feutre exactement comme dans la mousse en forêt", déclare-t'il. Son but est de montrer qu'en parallèle "à la diversité culturelle humaine, il y a une diversité végétale", précise-t'il enthousiaste.

A présent, direction le jardin attenant, installé au sud et au nord du bâtiment. Il a été orchestré par le paysagiste Gilles Clément, son concepteur. Là aussi il est question de cultures. Ses courbes représentent une métaphore de la tortue. Ici la rondeur de sa carapace, là, le relief de ses écailles. "Parce que la tortue est un animal qui est toujours présent dans toutes les civilisations animistes qui sont représentées à l'intérieur. En Asie, la tortue est cosmophore, elle porte le monde…".

Dès l'ouverture du musée, le public est au rendez-vous. Un succès qui ne se démentira pas. En 2016, le musée a franchi le cap des 10 millions de visiteurs, ce qui le place parmi les plus fréquentés au monde dans sa catégorie. Le 21 juin 2016, dix ans après son inauguration, le musée a pris le nom de l'ancien président Jacques Chirac, initiateur du projet.

Florence Dartois

Pour aller plus loin : 

Soir 3 : le plafond aborigène du quai Branly. Reportage sur les derniers travaux et l'installation d'un mât indien acquis par la France en 1939 et exposé aux vents pendant des décennies devant le musée de l'homme. La peinture de l'un des plafonds du musée est faite selon les techniques et symboliques aborigènes, sous la direction de John Mawurndjul, peintre aborigène. A base de 4 couleurs qui rappellent les 4 éléments fondamentaux, et avec des hachures croisées, techniques ancestrales qui évoquent le sanctuaire. (30 mars 2006)

Soir 3 : Les oeuvres exposées au musée des arts premiers. Présentation en avant première de quelques pièces de la collection qui compte près de 300 000 œuvres. Dans les réserves des objets sont déballés, archivés, conservés. 9 000 instruments de musique sont exposés dans une tour de verre, à l'intérieur du musée.(1er juin 2006)

19-20 de F3 : les objets de Claude Lévi-Strauss au musée des Arts Premiers. (28 novembre 2008)

19/20 Paris Ile de France : les 5 ans du musée des arts et civilisations d'Afrique, d'Asie et d'Océanie et des Amériques. 1 million 350 mille visiteurs s'y rendent chaque année. Focus sur le succès des expositions temporaires. (24 juin 2011)

12-13 édition nationale de F3 : exposition Tiki Pop au musée du Quai Branly. Tiki Pop, une mode venue de Polynésie qui a submergé les Etats-Unis des années 50 et 60. (1er septembre 2014)

Le site du musée, c'est ICI.


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