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2012 : les punaises de lit débarquent en France

2012 : les punaises de lit débarquent en France

Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes témoignent de la présence de punaises dans les cinémas parisiens. En juillet 2023, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) avait publié un rapport sur l’impact des punaises de lit en France. Disparues de France depuis 70 ans, elles ont refait surface au début des années 2010.

Par Florence Dartois - Publié le 21.12.2020 - Mis à jour le 05.09.2023
Punaises de lit - 2013 - 02:31 - vidéo
 

L'ACTU.

Des spectateurs de certains cinémas parisiens se sont plaints de piqûres de punaises de lit sur les réseaux sociaux. « J’avais le dos et les bras couverts de piqûres », raconte dans Le Parisien une femme de 51 ans. Pour certains, le calvaire ne s'arrête pas là, les bestioles transportées dans les vêtements se propageant ensuite à leur domicile. Sur Twitter, le groupe MK2, également touché par l'invasion a reconnu consacrer 100 000 euros par an à la désinfection des salles, « Nous subissons collectivement ce fléau. Nos actions préventives sont toujours en place, tout au long de l’année. Aussi, en cas de doute, nous intervenons systématiquement », a-t-il été précisé dans un communiqué.

Le 19 juillet 2023, un rapport de l’Anses faisait froid dans le dos. L'organisme publiait une étude sur l'impact des punaises de lit en France et les recommandations pour lutter efficacement contre ces parasites. Ces petites bêtes qui se dissimulent dans les literies, les plinthes et autres endroits sombres, se nourrissent du sang de leurs victimes. Leurs piqûres ne propagent pas de maladie, mais sont néanmoins responsables de rougeurs, de boutons, de démangeaisons et de nuits blanches redoutables. Selon l'enquête, un foyer sur dix a été la cible d’une infestation de punaises de lit entre 2017 et 2022 (11% des foyers).

https://twitter.com/Anses_fr/status/1681569437550272513

Ces nuisibles se sont étendus en France avec le développement du tourisme, car ils voyagent volontiers incognito dans les bagages. Ces dernières années, le développement de la vente de meubles et de vêtements de seconde main a amplifié le phénomène.

Le rapport de l’Anses souligne un point crucial : les infestations ne sont pas liées à un manque d’hygiène et tous les milieux socio-économiques sont à risque.

L'étude pointe du doigt le coût de la désinfection (il se situe en moyenne autour de 866 € par foyer). La précarité devient alors un facteur de ralentissement de l’élimination de ces nuisibles. L’Anses préconise une prise en charge financière pour les ménages à faibles revenus.

Cette « invasion invisible » génère également un impact sanitaire important. Selon les chiffres publiés, le coût sanitaire atteignait 83 millions d’euros pour les Français en 2019, dont 73 millions étaient consacrés à la baisse de la qualité de vie, à l’impact sur la santé mentale et aux troubles du sommeil, 3 millions pour les soins physiques et 1 million pour les arrêts de travail. Certaines personnes développant même un syndrome de stress post-traumatique.

L'ARCHIVE.

Ces petits insectes qui avaient disparu de l'hexagone depuis la fin des années 1950 sont réapparus au début des années 2010. Le reportage en tête d'article date de 2012. Il illustrait très bien les difficultés à s'en débarrasser.

« Elles peuvent vraiment gâcher vos nuits. Les punaises de lit, un fléau récurrent ? Débarquées des États-Unis il y a quelques années, elles se sentent apparemment plutôt bien dans nos matelas. Un tout petit insecte d'à peine cinq millimètres, très coriace et dont il est difficile de se débarrasser sans l'aide d'un professionnel. ». L'ampleur de problème était posée dès le lancement de ce sujet qui présentait le cas d'un locataire infesté dont l'appartement venait d'être désinfecté, « Dès ce soir, il faut que je mette tout ça dans des sacs hermétiques. Ça a été traité. Ensuite, il faut laver tout ça à 60 degrés. », expliquait celui qui vivait en « coloc » avec les parasites depuis plus d'un an.

Désormais, il était capable de repérer leur présence à de petits indices déposés sur les lattes de son sommier : « Les petits points noirs entourés de rouge, ce sont des excréments de punaises. Et elles vont se loger pile ici, dans la fente (...) quand il y en a quatre ou cinq comme ça, c'est un début de nid de punaises. », expliquait-il, comme l'aurait fait un spécialiste, soulignant à quel point c'était traumatisant psychologiquement car « c'est une bête que l'on ne voit pas, qui attaque la nuit et qui vit tout contre soi ».

À quelques étages de celui de Tanguy, un appartement voisin était en train d'être traité lui aussi, car les punaises peuvent se déplacer d'un appartement à un autre avec rapidité. Nicolas Didych, expert en maitrise des nuisibles, soulignait la rapidité de leur déplacement : « Une punaise de lit peut faire 30 mètres pour aller chercher son hôte. Ça peut être effectivement être le voisin du dessus, le voisin du bas, nos voisins d'à côté. »

Une fois de plus, il y avait bien quelques traces symptomatiques de leur présence, les nids repérés, l'appartement devrait être traité de fond en comble.

À l'époque déjà, les entreprises spécialisées devaient mettre les bouchées doubles, car depuis 2007, dans les grandes villes, de plus en plus d'immeubles étaient touchés. « Les punaises ne sont pas liées à l'insalubrité. Elle n'épargne aucun quartier », ajoutait-il.

1964 : le traitement des parasites à Paris

En 1964, le Journal de Paris consacrait un reportage à la désinfection des appartements parisiens par pulvérisation d'un insecticide à base de lindane, un insecticide organochloré utilisé à partir de la fin des années 1930 dans l'agriculture. Il a également été employé pour la protection des bois d'œuvre, en médecine vétérinaire et en médecine humaine pour le traitement de la gale et des poux.

https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/caf94072623/lutte-contre-les-parasites-a-paris

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