Aller au contenu principal
Le succès de la «musicassette» en 1975

Le succès de la «musicassette» en 1975

Plus de 20 ans après sa disparition au profit du CD, la cassette audio fait son grand retour dans les bacs. L'occasion de se replonger dans les grandes heures de ce média audio plébiscité par les jeunes Français des années 1970 aux années 1990.

Par Florence Dartois - Publié le 06.05.2022
10 ans de musicassettes - 1975 - 06:37 - vidéo
 

Disparues depuis la fin des années 90, les cassettes audio qui avaient été supplantées par l'apparition du CD, font leur grand retour dans les bacs. Universal Music propose depuis peu des compilations de grands noms de la variété : Alain Bashung, Daniel Balavoine, Serge Gainsbourg, Charles Aznavour ou Michel Sardou...

Apparues à la fin des années 1960, les cassettes représentaient une véritable révolution sonore et technique, tant par leur praticité, que par leur grande capacité d'enregistrement.

L'archive que nous vous proposons en tête d'article date de mai 1975. Pour les 10 ans des petits supports magnétiques, désormais très en vogue auprès des jeunes notamment, Normandie actualités avait consacré un long reportage à ce phénomène de société en interrogeant des commerçants et le leader des fabricants de cassettes.

Le commentaire expliquait que les «mini-cassettes» étaient apparues sur le marché en mars 1965, grâce à deux sociétés, Polydor et Phonogram. A l'époque, il s'agissait d'un produit de luxe et seuls 60 programmes musicaux été proposés à l'écoute. Mais 10 ans plus tard, la cassette était « devenue un produit de consommation courante », avec « plus de 5000 "musicassettes" au catalogue des fournisseurs ». La production se développait encore grâce aux magnétophones à lecteurs incorporés achetés par de nombreux foyers.

Ces cassettes, on pouvait en trouver dans la plupart des commerces, jusqu'aux stations-services. Les vendeurs interrogés dressaient le portrait des acheteurs « des jeunes essentiellement ». Quant aux styles musicaux achetés, ils étaient vastes, allant du rock à la variété, en passant par la musique classique. Il n'y avait pas encore de concurrence avec le vinyle, « c'est un marché parallèle », affirmait d'ailleurs une disquaire.

Mobilité et maniabilité

La grande nouveauté et l'avantage de ce support c'était, « la motivation de l'écoute », selon un spécialiste, car la cassette permettait le mouvement, les déplacements et un faible encombrement. Le prix était aussi plus accessible que celui du disque. Mais son inconvénient était que l'écoute d'un morceau nécessitait le déroulement de la bande magnétique dans la durée.

Le reportage dévoilait ensuite les coulisses de la production des cassettes, avec les bancs de copie, à partir des « bandes mère de 12,7mm » qui portaient « 2 programmes stéréophoniques enregistrés à 19 cm/seconde ». Un banc multi-copies permettait à 4 enregistreurs de sortir 25 000 cassettes par jour.

Le commentaire précisait l'ampleur du phénomène avec « 100 millions de cassettes enregistrées dans le monde, à l'exception de la Chine et de l'U.R.S.S. ». Sur des images de jeunes femmes installant les amorces aux bandes magnétiques ou celles de machines en action, le journaliste décrivait les types de musiques proposés (variétés française, anglo-saxonne et classique). On pouvait aussi écouter du folklore, des programmes pour enfants ou de l'accordéon.

Un marketing innovant

La caméra s'attardait ensuite sur la mise en jaquette de la cassette, puis sur son conditionnement pour la vente. Le développement des cassettes entraînait également les ventes de magnétophones à lecteur, 92% du marché.

L'un des concepteurs de la cassette audio expliquait qu'ils avaient laissé la concurrence développer leur propres produits « en laissant à ces concurrents la possibilité d'utiliser le système cassette compacte sans avoir à payer de droits mais en respectant les normes ». Leur démarche marketing avait été de lancer en parallèle « des lecteurs à prix moyens qui permettaient une pénétration populaire », en développant dans un second temps un équipement plus qualitatif « se rapprochant de l'équipement disque ».

Le reportage se terminait en voiture avec un gros plan sur un radio-cassette. Une autre preuve que ce nouveau média audio si maniable avait encore de belles heures devant lui.

Les dangers du walkman

Toute innovation apporte son lot de dangers. Pour la cassette c'était son corollaire, l'usage débridé du walkman, un petit lecteur portatif très en vogue dans les années 1980, qui était dénoncé. Le sujet ci-dessous de 1985 alertait sur les risques induits par les « baladeurs à cassettes » que 8 millions de Français utilisaient quotidiennement.

Collisions, piétons renversés... Des accidents étaient survenus récemment à des utilisateurs qui n'avaient pas entendu les bruits les alertant d'un danger. Dans la rue, au volant, cette enquête auprès des jeunes Parisiens montraient qu'ils préféraient écouter fort et s'isoler du monde, insouciants du danger qui les guettait. 

Jacqueline Renaud (neuro-psychiatre) pointait du doigt « la nécessité d'avoir des stimulations de plus en plus fortes, et ça, c'est très grave et c'est très dangereux », assurait-elle. Un son très fort altérait à capacité à bien regarder, selon elle. Cette propension à la rêverie en pleine rue, ou au volant, inquiétait les autorités.

Certains pays européens avaient déjà interdit le port du walkman en voiture ou sur deux-roues. La France, elle, n'en était qu'aux études préliminaires, laissant encore un délai aux jeunes fans de musique forte.

Les dangers du walkman
1985 - 02:25 - vidéo

S'orienter dans la galaxie INA

Vous êtes particulier, professionnel des médias, enseignant, journaliste... ? Découvrez les sites de l'INA conçus pour vous, suivez-nous sur les réseaux sociaux, inscrivez-vous à nos newsletters.

Suivre l'INA éclaire actu

Chaque jour, la rédaction vous propose une sélection de vidéos et des articles éditorialisés en résonance avec l'actualité sous toutes ses formes.