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Le revenu universel, le précédent nîmois

Le revenu universel, le précédent nîmois

Treize présidents de départements vont soumettre à l'automne prochain une proposition de loi pour expérimenter un revenu de base. En 1985, Nîmes était la première ville de France à instaurer un minimum social garanti à chaque nîmois.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 14.10.2016 - Mis à jour le 07.06.2018

Le revenu universel, le précédent nîmois

Treize présidents de départements vont soumettre à l'automne prochain une proposition de loi pour expérimenter un revenu de base. En 1985, Nîmes était la première ville de France à instaurer un minimum social garanti à chaque nîmois.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 14.10.2016 - Mis à jour le 07.06.2018
 

En 1985, Nîmes est la première ville de France à mettre en place un tel système en créant un minimum social garanti versé à chaque Nîmois financé sur des économies de fonctionnement : le MSEG. Il ne s'agit pas vraiment d'un revenu universel distribué à tous. Encore réservé aux plus démunis sous condition de revenus, le concept solidaire est néanmoins déjà là.

Utopie ou nouveau modèle social ?

Revenu d'existence, revenu minimum, revenu de base ou revenu universel… Quel concept se cache derrière ces terminologies ? Il s'agit d'une somme unique versée à chaque personne, qu'elle travaille ou non, afin qu'elle puisse subvenir à ses besoins, vivre dans la dignité et s'émanciper de la peur de la déchéance.

Cette idée, que certains qualifient d'utopie, est pourtant envisagée par de plus en plus d'économistes ou d'hommes politiques. Pourquoi ? Parce que le numérique, la robotisation massive sont en passe de bouleverser le monde du travail et de faire vaciller l'État providence déjà mis à mal par la dette.

Alors, comment gérer les millions de chômeurs supplémentaires qui se profilent d'ici une quinzaine d'années. Comment protéger la population d'une "ubérisation" galopante de notre économie ? La réponse se trouve peut-être dans l'instauration, à moyen terme, d'un revenu universel.

Écoutons Bernard Maris, l'économiste qui perdit la vie dans l'attentat de Charlie Hebdo nous en expliquer le fonctionnement. (Audio)

Un concept ancien

L'idée n'est pas si récente. Elle remonterait même à Léonard de Vinci ! Elle a même déjà été expérimentée en France !

Dès 1999, l'économiste Yoland Bresson décrit clairement les principes de ce concept de revenu d'existence et dénonce "le mensonge du retour du plein emploi". (Audio)

En 2000, dans Rue des entrepreneurs, le même Yoland Bresson, économiste à Paris 11, définit ce revenu. Il ne doit plus y avoir de contrepartie à réclamer. "Beaucoup feront des choses bien plus supérieures à ce qu'ils font aujourd'hui…". Il cite l'exemple de l'Alaska "qui a pris conscience qu'ils avaient assez de tout" et ont pris l'initiative d'une rente pétrolière pour le bien de tous. Il décrit les premiers changements positifs de cette rente annuelle. (audio)

En 2009, dans sa chronique économique sur France Inter, l'économiste Bernard Maris revient à nouveau sur les effets positifs du revenu minimum d'existence (audio).

Changer le modèle social

En Inde, au Canada, en Alaska ou en Finlande, fleurissent des initiatives de mises en place d'un revenu de base. En France, la Gironde vient d'annoncer le lancement d'une étude préalable à l'expérimentation d'un tel système en 2018 !

Retour sur quelques expérimentations et réflexions (de droite et de gauche) en images.

En 1994, François Mitterrand lors d'un colloque devant de jeunes dirigeants affirme qu'il faut changer le modèle social.

En réaction, Didier Livio, chef d'entreprise de Dijon évoque le revenu d'existence.

Dès 2011, Dominique de Villepin évoquait la création d'un revenu citoyen de 850 euros, mais réservé aux démunis.

Les prémices d'une réflexion politique

En avril 2016, s'appuyant sur le travail du député PS Christophe Siruge, Manuel Valls évoque une réforme de grande ampleur qui consisterait à fondre dix allocations en une seule...

Un revenu minimum unique ouvert dès 18 ans... qui fait déjà débat à droite.

Les jeunes, fortement touchés par le chômage, seraient au cœur de ce dispositif de revenu minimum d'existence de 400 euros par mois. Il suscite l'opposition à droite qui n'y voit qu'une "politique d'assistanat".

Le revenu minimum sera sans doute un sujet clé de la campagne présidentielle de 2017. Benoît Hamon, candidat à la primaire socialiste en a même fait l'une de ses idées phares. A droite aussi, le sujet a le vent en poupe : Bruno Le Maire a déjà milité pour une allocation sociale unique, tandis que Marine Le Pen indiquait récemment qu'elle y réfléchissait.

Plus surprenant ! En 2014, Christine Boutin prônait elle aussi la création d'un revenu de base européen.

Et si c'était la solution ?

A l'heure où le modèle social montre ses failles, ne faut-il pas repenser le modèle de société et déculpabiliser celui qui ne travaille pas ? De fait, avec une estimation de l'augmentation de 30% du nombre des chômeurs d'ici 15 ans, le revenu universel pourrait être le seul barrage à l'explosion sociale.

Reste la question du financement encore floue à ce jour. Tout reste à imaginer.

François Lenglet analyse ce projet.

2015. Hervé Pauchon rencontre Cynthia Fleury, philosophe et chercheur à l'Institut des Sciences de la communication au CNRS et Raphaël Liogier, philosophe et sociologue qui nous expliquent comment on pourrait changer le monde en commençant par la mise en place du revenu universel. (Audio)

Ce revenu unique pourrait être mis en pratique en France, sans surcoût budgétaire, via une réforme en profondeur du système fiscal et social. Les années à venir seront cruciales pour la mise en place de ce projet fédérateur et porteur d'espoir.

Pour aller Plus loin

En 1950, René Barjavel invente une société où l'argent n'existe plus et où le travail est devenu un loisir. Découvrez cette fiction radiophonique de 1950, Ne demandez pas la Lune (audio).


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