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En 1963, les Français préféraient les brunes

En 1963, les Français préféraient les brunes

Avec 2% seulement des ventes en France, le tabac brun, longtemps une caractéristique du marché français, n'est plus que le pâle reflet de sa grandeur passée. Celle des Gauloises, des Gitanes, ou encore des Fontenoy, une marque présentée dans ce sujet du journal télévisé de 1963.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 16.06.2021 - Mis à jour le 17.06.2021

En 1963, les Français préféraient les brunes

Avec 2% seulement des ventes en France, le tabac brun, longtemps une caractéristique du marché français, n'est plus que le pâle reflet de sa grandeur passée. Celle des Gauloises, des Gitanes, ou encore des Fontenoy, une marque présentée dans ce sujet du journal télévisé de 1963.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 16.06.2021 - Mis à jour le 17.06.2021
Présentation cigarettes FONTENOY - 1963 - 01:34 - vidéo
 
Présentation cigarettes FONTENOY - 1963 - 01:34 - vidéo
Les cigarettes brunes ont quasiment disparu des rayonnages des buralistes. Avec 2% seulement des ventes en France, le tabac brun, longtemps une caractéristique du marché français, n'est que le pâle reflet de sa grandeur passée. Celle des Gauloises, des Gitanes, et des Fontenoy, une marque présentée au journal télévisé du 17 mai 1963 avec un ton publicitaire qui ferait scandale aujourd'hui. 

C’est une espèce en voie de disparition. La cigarette brune, longtemps un emblème de la France, fumée par les actrices de la Nouvelle Vague, les ouvriers des chantiers, les secrétaires des administrations, l’un des symboles des Trente Glorieuses, a presque disparu des bureaux de tabac. Gitanes et Gauloises brunes ne représentent plus que 2 % des ventes des buralistes.

Selon une information du jounal Le Monde, les cigarettes brunes, qui sont aussi devenues les plus chères du marché (entre 11,20 et 11,60 euros le paquet), ont même perdu leur nationalité d’origine. C’est en effet désormais le seul britannique Imperial Brands qui détient toutes les marques de tabac brun, depuis son rachat de l’espagnol Altadis en 2008, une société née de la fusion en 1999 du français Seita et de l’espagnol Tabacalera.

Autre temps, autres mœurs. En 1963, il était encore possible de voir à la télévision, au journal télévisé de l’édition RTF Aquitaine, un sujet à la gloire du tabac brun français. L’actualité était alors le lancement d’une nouvelle marque de cigarettes par le Service d’exploitation industrielle des tabacs et allumettes (SEITA), les Fontenoy. Un nom reprenant une célèbre victoire militaire de Louis XV, qui se plaçait sur le même segment haut-de-gamme que la marque Marigny, lancée en 1960.

Le commentaire du journaliste, sur des images de la célébration du lancement dans les salons du Grand Hôtel de Bordeaux, était éloquent par son ton publicitaire : « La nouvelle née mesure 8 cm et elle est faite de dix espèces différentes de tabac brun qui provient exclusivement des plantations métropolitaines ». Car oui, Cocorico, la cigarette Fontenoy était une « cigarette bien de chez nous », et tout naturellement, elle possédait « l’élégance de naissance ». « Légèrement plus élancée que ses soeurs aînées Gauloises et Gitanes, et somptueusement habillée ! » On pourrait croire mot à mot à un commentaire d’un défilé de Christian Lacroix.

Principale caractéristique technique ? Une cigarette « sans filtre et parée d’un papier aéré ». Le commentaire conclut par ce clin d’œil appuyé au téléspectateur : « Vous la trouverez désormais partout […] et sans doute sera-t-elle sous peu votre préférée, si comme Monsieur, après l'avoir achetée, vous l'essayez… »

Pour aller plus loin : 

Le déclin de la culture tabacole française, un sujet Ina Retour vers l'info diffusé le 22 octobre 2018


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