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L'inauguration de la Cité radieuse à Marseille

L'inauguration de la Cité radieuse à Marseille

Le 14 octobre 1952, le ministre de la Reconstruction Eugène Claudius-Petit inaugure la Cité radieuse à Marseille. Son concepteur, Le Corbusier, achevait là un programme de près de 25 ans sur la recherche de l’amélioration du logement social et sur la question urbaine.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 14.10.2022
La Cité Radieuse - 1952 - 00:49 - vidéo
 

Le 14 octobre 1952 Le Corbusier assistait à l'inauguration d'une oeuvre qu'il avait peaufinée durant 25 ans : sa Cité radieuse à Marseille. Dans l'immédiate après-Guerre son objectif était de trouver une solution au problème de logement et d'inscrire le logement social et collectif dans l'urbanisme contemporain.

L'archive en tête d'article est un reportage filmé pour les «Actualités françaises» le jour de son inauguration.  L'ensemble innovant pour l'époque était décrit comme un « immobile paquebot de pierre » de 347 appartements « pourvus du confort le plus moderne ». Après l'inauguration, l'architecte avait été décoré de la cravate de commandeur de la Légion d’honneur par Eugène Claudius-Petit, ministre de la Reconstruction du gouvernement Pinay.

La commande de construction d’habitations collectives avait été passée par le ministre de la Reconstruction, Raoul Dautry, en 1945. Elle tombait à point pour l’architecte car elle allait lui permettre de développer un modèle de bâtiment avant-gardiste : une cité-jardin verticale alliant l’individuel et le collectif. L’unité d’habitation était de 137 m de long, 24 m de large et 56 m de hauteur, édifiée sur 18 niveaux et couronnée par un toit-terrasse aménagé. L’idée de ce nouveau modèle était simple. Il s’agissait pour l'architecte, sur des terrains artificiels supportés par des pilotis, de construire des ensembles de logements individuels insérés dans la logique d’une structure collective.

Les techniques de construction utilisées s’inspiraient des procédés d’industrialisation, contrôlés par l’utilisation d’un nouveau dimensionnement donné par le Modulor (à hauteur d’homme). Enfin, les techniques d’assemblage et de montage étaient mises en œuvre grâce à l’emploi de nouveaux matériaux, comme le béton.

Concept de la cité

La Cité radieuse a été conçue comme un mode d’habitat confortable et pratique, destiné à apporter par ses équipements, l’organisation nécessaire à l’épanouissement de la vie sociale. Les 337 appartements de 23 types différents pouvaient accueillir 1600 personnes. Ils étaient desservis par des rues intérieures où l’on trouvait de nombreuses boutiques et commerces de proximité. À cet ensemble s'ajoutait un hôtel, des bureaux. Sur le toit-terrasse, les habitants pouvaient profiter d’une piscine et d’un gymnase. Une école maternelle complétait l’ensemble.

La volonté de Le Corbusier était que l'on puisse vivre au quotidien sans quitter la cité. Chaque appartement était en duplex, équipé d’un chauffage à air pulsé, une prouesse technique pour l’époque, d'une cuisine équipée, de nombreux placards. Le Corbusier voulait que les logements soient le « réceptacle parfait d’une famille », alliant le silence, l’espace et la verdure.

Sa conception moderne avait choqué et fait couler beaucoup d’encre à l'époque. La cité étant même surnommée « la maison du fada » par les Marseillais eux-mêmes.

Reste que ce joyau architectural fut classé monument historique en 1995.

En février 2012, un incendie a touché la Cité radieuse.  Au total, huit logements et quatre chambres de l'hôtel intégré dans l'immeuble ont été détruits. Quelque 35 autres ont été sérieusement endommagés. Des habitants ont été légèrement blessés. Cet incendie n’a pas remis en cause la grandeur et le design expérimental de la cité.

Dans ce joli reportage filmé par FR3, des habitants décrivaient leur quotidien dans leur « Maison radieuse ». Malgré quelques critiques, tous étaient cependant d'accord pour souligner le bon esprit qui régnait toujours entre les habitants et qui faisait encore son originalité.

France : la Cité Radieuse
2002 - 12:04 - vidéo

En 2004, « Faut pas rêver » était retourné à Marseille. La magie du lieu faisait toujours de ce bâtiment un véritable village.

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