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«Ravage» de Barjavel ou la disparition d'une civilisation privée d'électricité

«Ravage» de Barjavel ou la disparition d'une civilisation privée d'électricité

En pleine crise énergétique, l'hiver 2022 pourrait être synonyme de coupures d'électricité pour beaucoup de Français, paralysant ainsi une partie des activités. En 1943, René Barjavel publiait «Ravage» ouvrage de science-fiction post-apocalyptique dans lequel il imaginait un monde où l'électricité avait disparu soudainement, provoquant la fin de la civilisation.

Par Romane Sauvage - Publié le 26.09.2022
René Barjavel - 1976 - 14:04 - vidéo
 

« Imaginez ce qu’il se passe si tout à coup l’énergie s’arrête : c’est l'écroulement, c’est le commencement de la décomposition, c'est comme un corps où le sang circule plus », prévenait en 1976, l’auteur René Barjavel, devant les caméras de FR3. Dans Ravage, roman d’anticipation publié en 1943, l’écrivain imaginait ainsi le naufrage de notre civilisation après que l’électricité a disparu du jour au lendemain.

Avec son ouvrage, l’auteur de science-fiction alertait ainsi sur la fragilité d’une société entièrement basée sur l’électricité. Ses propos ont un écho tout particulier en 2022 alors que la crise énergétique fait peser la menace de coupures massives d’électricité en hiver. Une dimension intemporelle de ses écrits dont l’auteur avait notion dès 1977, comme on peut l’entendre sur l’archive suivante : « Mon premier roman c’était Ravage, je l’ai écrit en 42, il est paru en 43. C’était l’histoire d’une civilisation qui s’écroule parce qu’elle manque d’énergie. Les garçons et les filles qui le découvrent aujourd’hui (...), s'imaginent que je l’ai écrit avant hier

René Barjavel sur son roman "Ravage"
1977 - 00:38 - vidéo

Un monde extrêmement vulnérable

Dans l'archive en tête d'article, avec sa vision apocalyptique de l’avenir, René Barjavel décrivait le monde de demain comme à la fois séduisant et effrayant. « Contrairement à ce que l’on pense, [notre monde] n’est pas solide du tout, il est extrêmement vulnérable, d’autant plus vulnérable qu’il est plus compliqué, plus parfait, plus technique ». Perché sur le toit d'une tour du quartier de La Défense en cours de construction, il prenait pour exemple une grande panne de courant ayant eu lieu aux Etats-Unis quelques années auparavant : « New York commençait à se décomposer, c’était la fin ! »

Animé par l’idée d’un retour à la terre et d'une certaine méfiance envers le progrès, pour René Barjavel l’effondrement de la civilisation n’était pas une fin en soi : « je crois que notre civilisation approche d’une crise qui sera peut être une fin de civilisation. Mais ce ne sera pas la première, il y en a bien eu d'autres. (...) Nous aurons épuisé les réserves que la terre a mis 6 milliards d’années à accumuler, les poches de minerais, de charbon, de pétrole (...) en un siècle. Mais, il y a ce qui ne s'épuisera jamais : la bonne volonté de la terre. »

Ainsi, comme Barjavel l’explique dans l’archive suivante, la science-fiction était un moyen d’imaginer le futur de l’humanité : « Si j’ai écrit de la science-fiction, c’est parce que ce qui m'intéresse, ce qui me passionne (...), c’est le sort de l’humanité. Or, la science-fiction est une façon de mettre l’espèce humaine devant des problèmes et d’imaginer comment elle pourrait s’en sortir. »

Barjavel sur le devenir de l'humanité
1977 - 01:19 - vidéo

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