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5 mai 1992 : la catastrophe de Furiani

5 mai 1992 : la catastrophe de Furiani

Il y a trente ans, quelques minutes avant le coup d'envoi de la demi-finale de Coupe de France entre Bastia et l'Olympique de Marseille, la tribune principale du stade de Furiani cédait sous le poids de milliers de supporters. Retour sur un drame qui coûté la vie à 18 personnes, et fait 2357 blessés.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 05.05.2022
Furiani : premières images - 1992 - 02:33 - vidéo
 

Le 5 mai 1992, le journaliste Henri Sannier, présentateur du journal télévisé de 20h d’Antenne 2, prend l’antenne à 22h37 pour un flash spécial : « Bonsoir, ce qui devait être la grande fête du football a donc tourné au drame ce soir sur le stade Furiani de Bastia, en Corse. A quelques minutes du coup d’envoi de la demi-finale de la coupe de France entre Bastia et Marseille, la partie haute d’une tribune s’est effondrée. » Le drame s’est déroulé en une fraction de secondes, près de deux heures plus tôt.

Il est en effet 20h23, les joueurs des deux équipes sont encore dans les vestiaires, et s’apprêtent à donner le coup d’envoi du match à 20h30, lorsque la partie supérieure de la tribune principale s’effondre. Cette dernière venait tout juste d’être ajoutée par les responsables du club, sans respect des normes de sécurité. Elle augmentait considérablement la capacité d’accueil du stade de Bastia, qui passait pour ce match qui se devait être une soirée d’exception, avec la réception du club mythique de l’Olympique de Marseille, de moins de 10 000 places habituelles à 18 000 spectateurs. Installée par l’entreprise Sud-Tribune, la structure métallique de 10 000 places, venait d’Albertville.  

Le reportage en tête d’article a été réalisé par le journaliste d’Antenne 2 Claude Sempère. Présent sur la pelouse de Furiani pour « suivre l’engouement des supporters » des deux camps, c’est au contraire le « cauchemar » que donnent à voir finalement ses images en provenance de l’Ile de Beauté. La retransmission du match devait quant à elle être effectuée par TF1, seule télévision détentrice des droits de la Division 1. Ce sont d’ailleurs les caméras de TF1 qui ont enregistré le bruit en direct de la catastrophe.

Après la chute de près de 3000 personnes de 15 mètres de haut, un court silence d’effroi s’abat sur le stade, suivi des cris des blessés, pris au piège parmi les innombrables poutrelles métalliques. La pelouse se transforme en terrain de premier secours, le plan rouge est déclenché. En conclusion de son reportage, Claude Sempère rapportait les paroles de pompiers, qui cet après-midi, hors caméra, « n’hésitaient pas à émettre des doutes sur la solidité de cette structure ». « Un secouriste, vers 20h, nous a même dit, "je prie le ciel pour qu’il ne se passe rien" », ajoutait le journaliste dans son commentaire.

Le bilan officiel du drame de Furiani, la pire catastrophe de l’histoire du football français, est de 18 morts et 2 357 blessés. En hommage aux disparus et aux blessés, plus aucun match officiel de football ne pourra plus se disputer en France un 5 mai. Ainsi en a décidé le Parlement, après que le Sénat a entériné le 14 octobre 2021 la décision prise par l'Assemblée nationale en février 2020 de sacraliser le 5 mai dans le calendrier footballistique en France.

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