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1975 : le calvaire de Gilles, handicapé et coincé dans son petit appartement

1975 : le calvaire de Gilles, handicapé et coincé dans son petit appartement

Depuis 1992, à l'initiative de l'ONU, la Journée internationale des personnes handicapées est célébrée le 3 décembre. Elle vise à favoriser l'intégration et l'accès à la vie économique, sociale et politique des personnes handicapées. Un objectif qui était loin d'être atteint en 1975.

Par Florence Dartois - Publié le 02.12.2021
 

La Journée internationale des personnes handicapées, chaque 3 décembre, vise à favoriser l'intégration et l'accès à la vie économique, sociale et politique des personnes handicapées. Un objectif encore lointain dans les années 1970. 

Les Nations unies à l'origine de cette journée précise que cette question est toujours d'actualité. Cette problématique a été « inscrite dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030, à savoir ne laisser personne de côté (...) Creusant les inégalités préexistantes et révélant l’ampleur de l’exclusion, la crise mondiale liée à la COVID-19 montre combien l’inclusion du handicap est indispensable. ». L'ONU précise en outre que les personnes en situation de handicap, environ 1 milliard de personnes, « ont été particulièrement touchées par la crise actuelle, en termes de décès ».

L'exclusion et le sentiment de ne pas faire partie de la société touchaient déjà les dizaines de milliers d'handicapés français dans les années 1970, une époque où la notion d'accessibilité n'en était qu'à ses balbutiements. Mais l'exclusion n'était pas seulement sociale, elle était également vécue quotidiennement dans des habitats inadaptés. C'est ce que racontait Gilles dans l'émission « Hier aujourd'hui demain » en février 1975. Paralysé et coincé dans un fauteuil roulant, il n'était pas sorti de chez lui depuis 6 ans. Agé de 24 ans, il vivait seul avec sa mère.

Confiné au quotidien

Gilles était la victime collatérale de l'inaccessibilité de son appartement : «Confiné dans ma chambre, ou la salle à manger pour changer de temps en temps. A part ça, c'est tout » confiait-il. Ses seules sorties étaient pour se rendre à l'hôpital. Le jeune homme était comme prisonnier dans son propre appartement.« Le couloir ! Je ne peux pas du tout y accéder et les chambres, les pièces ne sont pas assez larges. Je ne peux pas du tout circuler avec mon fauteuil. Je ne peux pas du tout descendre ». Son constat était sans appel : « Les logements, les immeubles, surtout, ne sont pas du tout accessibles à un handicapé». Il déplorait l'absence de rampe d'accès, non seulement pour les logements de plain-pied mais également dans les administrations : « Postes, mairies, sécurité sociale et bien d'autres, cinémas... Aucun handicapé ne peut y accéder. »

Il rêvait d'un habitat où il pourrait tourner avec son fauteuil mais aussi d'une meilleure intégration sociale et d'une banalisation du handicap : « Qu'on nous mélange avec les valides. Ce qui serait sur le plan moral beaucoup plus intéressant ». Il jugeait le regroupement des handicapés « infecte». 

La société de l'époque n'était pas du tout adaptée au handicap. L'émission montrait d'ailleurs le calvaire auquel étaient confrontés les handicapés lorsqu'ils parvenaient à s'aventurer dans la rue. Mais même une fois sortis de chez eux, la moindre démarche devenait un véritable parcours du combattant.

Se déplacer en ville... le parcours du combattant.

Le reportage offrait quand même quelques perspectives, notamment en matière de logement. De nouvelles constructions commençaient à prendre en compte la problématique de l'accessibilité comme le montrait cette visite d'un appartement adapté au handicap. Une exception à l'époque.

Visite d'un appartement adapté aux handicapés. L'espoir de l'autonomie.

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