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1972 : François Truffaut loue la modernité de « La dernière séance » de Peter Bogdanovich

1972 : François Truffaut loue la modernité de « La dernière séance » de Peter Bogdanovich

Peter Bogdanovich est mort à l'âge de 82 ans, jeudi 6 janvier, à Los Angeles. En 1972, François Truffaut évoquait le plaisir qu'il avait eu à découvrir son film « La dernière séance », et expliquait en quoi Bogdanovich créait une rupture dans le cinéma américain, tout en s'inscrivant dans la lignée des grands cinéastes classiques hollywoodiens.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 07.01.2022

Le réalisateur américain Peter Bogdanovich est mort le jeudi 6 janvier à l’âge de 82 ans. Grand nom de la cinéphilie, Peter Bogdanovich s’était intéressé au cinéma très tôt, d’abord par le biais de la critique, dont il était un auteur renommé. En 1968 il réalisait ses deux premiers films, Voyage to the Planet of Prehistoric Women et Targets. Mais c’est avec The Last Picture Show (La dernière Séance), sorti en 1971, que sa réputation grandit dans le milieu du cinéma, au point de dépasser les frontières américaines. En France notamment, c’est un film salué par la Nouvelle Vague.

Dans une interview pour l’émission « Vive le cinéma » diffusée le 13 février 1972, François Truffaut disait ainsi tout le bien qu’il avait pensé de ce film. Pour le réalisateur de Jules et Jim, Bogdanovich tenait à la fois des classiques hollywoodiens (adulés par la Nouvelle Vague française, qui les installa pour la première fois au rang d’auteurs et d’artistes, ce qui n’était alors pas le cas à Hollywood), les Capra, Hawkes, Ford et Hitchcock, ceux qui sont « épris de classicisme dans la forme, qui ne font pas d’effets de zoom, qui ne mettent pas des chansons partout dans les films, qui ne filmeront pas de reflet de soleil dans l’objectif, qui racontent bien leur histoire », et des modernes. La modernité de Bogdnanovich, c’était selon Truffaut  sa façon de traiter les histoires. Un façon plus directe de raconter la vie sentimentale et sexuelle de la jeunesse par exemple, qui est le sujet central de La Dernière séance.

Selon Truffaut, alors que pendant de nombreuses décennies le cinéma s’était renouvelé par le biais de la technique (apparition du parlant, de la couleur, du format cinémascope etc…) le nouveau cinéma porté par le Nouvel Hollywood tranchait avec le passé sur sa rupture dans le récit : « On a menti pendant 70 ans en ce qui concerne l’amour [...],  la vie sentimentale, sexuelle, physique des gens sur l’écran était absolument fausse, elle n’avait aucun rapport avec ce qu’était la vie des gens dans la salle de cinéma. »

Film de référence pour des générations de cinéphiles dans le monde, La dernière séance aura révélé l’actrice Cybill Shepherd, auparavant mannequin, qui deviendra la compagne de Peter Bogdanovich.

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