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1970 : l'homme contre la nature, par le professeur André Leroi-Gourhan

1970 : l'homme contre la nature, par le professeur André Leroi-Gourhan

Une partie non validée du rapport des experts du Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, a été diffusée mercredi. Ses prévisions sont alarmistes. En 1970, l'ethnologue et archéologue André Leroi-Gourhan mettait en garde contre la destruction de notre climat.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 24.06.2021 - Mis à jour le 24.06.2021

1970 : l'homme contre la nature, par le professeur André Leroi-Gourhan

Une partie non validée du rapport des experts du Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, a été diffusée mercredi. Ses prévisions sont alarmistes. En 1970, l'ethnologue et archéologue André Leroi-Gourhan mettait en garde contre la destruction de notre climat.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 24.06.2021 - Mis à jour le 24.06.2021
 
L'AFP a publié mercredi 23 juin une partie non validée du rapport des experts du Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat, censé paraître l'an prochain. Ses prévisions sont alarmistes. En 1970, André Leroi-Gourhan mettait en garde contre la destruction de notre climat.

L'Agence France Presse a publié mercredi 23 juin une partie non validée du rapport des experts du Giec, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Le texte, censé paraître l'an prochain, dresse des prévisions encore plus alarmistes que celles jusqu'à présent admises.

Les experts mentionnent une série de conséquences dramatiques liées au réchauffement climatique, telles que les exodes massifs, la malnutrition, les pénuries d'eau, et mettent en garde : « Le pire est à venir, avec des implications sur la vie de nos enfants et nos petits-enfants bien plus que sur la nôtre  ». Leur vision du futur est telle que l'humanité en serait menacée : « Si  la vie sur Terre peut se remettre d'un changement climatique majeur en évoluant vers de nouvelles espèces et en créant de nouveaux écosystèmes », «  l'humanité ne le peut pas  ».

En 1970, l'émission "Le geste et la parole" donnait la parole à l'ethnologue et archéologue André Leroi-Gourhan, professeur au Collège de France. Supposant que l'homo sapiens évolue « à la vitesse à laquelle ont évolué nos ancêtres il y a plusieurs dizaines de milliers d'années », dans ce « champ de plusieurs dizaines de milliers d'années qui s'ouvrent devant nous » avant « que nous soyons autre chose que l'homo sapiens », André Leroi-Gourhan imaginait que tout puisse « arriver, du jour au lendemain [...], pas uniquement à cause de la bombe atomique », mais parce que « nous aurons consommé notre monde avant même d'avoir changé d'espèce humaine ».

Le même homme

En tant que spécialiste de la Préhistoire, André Leroi-Gourhan était frappé par le fait que l'homme ait si peu changé, dans son corps et son esprit, au cours de ces derniers millénaires : « C’est le même homme qui est actuellement dans les usines qui se trouvait au milieu des steppes au Paléolithique ».

Seule différence, et de taille, notre rapport avec la nature a profondément changé du fait de la révolution industrielle : 

« Le monde auquel nous avions participé pendant plusieurs dizaines de milliers d’années était un monde [...] où l’homme jouait avec la nature sans la casser. Or, actuellement, nous avons éloigné la nature des individus. Il y a des millions d’hommes qui vivent maintenant dans un monde totalement urbanisé et artificiel et du même coup nous sommes en train de liquider les dernières girafes, les derniers éléphants, les derniers lions, les dernières baleines, et nous sommes en train de créer un monde qui sera totalement dénué de ce qui faisait à mon sens l’équilibre des activités de l’homme paléolithique. »

En conclusion de cette réflexion sur le futur de l'humanité, bien pessimiste dans le constat qu'il dressait sur notre rapport à notre environnement, André Leroi-Gourhan n'excluait pas, qu'un jour, l'humanité puisse quitter la Terre sans que la Terre soit abandonnée pour autant : « Nous avons bien découvert l'Amérique sans quitter l'Europe ». 


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