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1970, Jacques Delors : "A quoi bon cette richesse, cette opulence?"

1970, Jacques Delors : "A quoi bon cette richesse, cette opulence?"

En 1970, Jacques Delors, alors Secrétaire général auprès du Premier ministre pour la formation professionnelle, avertissait : si notre société, parvenue à un haut niveau de confort matériel, ne parvient pas à retrouver les fondements même de la vie humaine, nous courrons à la catastrophe.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 05.05.2020 - Mis à jour le 06.05.2020

1970, Jacques Delors : "A quoi bon cette richesse, cette opulence?"

En 1970, Jacques Delors, alors Secrétaire général auprès du Premier ministre pour la formation professionnelle, avertissait : si notre société, parvenue à un haut niveau de confort matériel, ne parvient pas à retrouver les fondements même de la vie humaine, nous courrons à la catastrophe.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 05.05.2020 - Mis à jour le 06.05.2020
 

En 1970, Jacques Delors, alors Secrétaire général auprès du Premier ministre pour la formation professionnelle, mettait en garde : si notre société, parvenue à un haut niveau de confort matériel, ne parvient pas à retrouver les fondements même de la vie humaine, l'amour, la nature, la coopération, nous courrons à la catastrophe.

« Le progrès des sciences et des techniques, depuis le 19e siècle, l'industrialisation, ont amené une croissance économique, qui ces 25 dernières années dans le monde, a été supérieure à ce qu'on a fait depuis un siècle. Et tout ceci a conduit à ce qu'on appelle, péjorativement ou non, la société de consommation, c'est-à-dire une abondance de biens. Et paradoxalement, au moment où la situation est ainsi, on voit les germes d'une inquiétude qui est déjà celle de la société post-industrielle. Car à quoi bon tous ces biens, à quoi bon cette richesse, cette opulence, si les hommes n'arrivent pas à résoudre les problèmes fondamentaux qui sont les leurs, c'est-à-dire leur épanouissement personnel, leur relation avec l'autre, la maîtrise de leur destin personnel et collectif. Et alors, dans ce monde fondé sur la rationalité, nous nous éloignons de plus en plus de nos impulsions profondes. L'impulsion profonde c'est la Terre, le Soleil, l'air, l'eau, les rapports humains, la sexualité, la nuit, le silence. Et nous avons besoin de retrouver ces pulsions profondes. Et le monde de la rationalité nous donne des sécurités, des certitudes et des biens. Si ce monde de la rationalité ne nous dépasse pas pour nous redonner tout ça, alors ça fera boom. »


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