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1970 : "En arrivant au Struthof, je me suis retrouvé aux portes de l’Enfer"

1970 : "En arrivant au Struthof, je me suis retrouvé aux portes de l’Enfer"

Les 11 et 12 septembre, un hommage a été rendu devant la flamme du mémorial du camp de concentration du Struthof, en Alsace, où 17 000 personnes devaient trouver la mort entre 1941 et 1944.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 10.09.2021

1970 : "En arrivant au Struthof, je me suis retrouvé aux portes de l’Enfer"

Les 11 et 12 septembre, un hommage a été rendu devant la flamme du mémorial du camp de concentration du Struthof, en Alsace, où 17 000 personnes devaient trouver la mort entre 1941 et 1944.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 10.09.2021
Le Struthof - 1970 - 03:50 - vidéo
 
Le Struthof - 1970 - 03:50 - vidéo

Le Struthof est le seul camp de concentration nazi sur le sol français actuel. Mais à l’époque de son ouverture, le 1er mai 1941, l’Alsace se trouvait incorporée au Reich allemand. Situé à 800 mètres d’altitude dans le massif des Vosges, au-dessus de la ville de Schirmeck, et à 50 kilomètres de Strasbourg, le camp du Struthof – appelé Natzwiller par les Nazis –  a été conservé pour le devoir de mémoire et se visite. Les 11 et 12 septembre 2021, un hommage a été rendu aux 52 000 déportés (dont 17 000 périrent) à l’occasion de l'anniversaire des 80 ans de son ouverture.

Véritable camp de la mort, le Struthof possédait depuis 1943  un bloc crématoire destiné à l'incinération des détenus assassinés par les SS ou morts d'épuisement dans les travaux. Le camp servait en effet de lieu de travail au profit des SS et de l'industrie de guerre nazie. Il abritait aussi les expérimentations médicales effectuées par les médecins nazis de l'université de Strasbourg.

Nous avons retrouvé le témoignage fort d’un ancien déporté, qui en 1970, retournait sur les lieux de sa captivité et témoignait avec une émotion retenue de son expérience de prisonnier. « En arrivant ici, je me suis trouvé aux portes de l’Enfer. Nous avons été conduits à la douche, démunis de nos vêtements […], puis nous avons eu le crâne rasé […] On nous a ensuite tenu un petit discours en nous disant : "vous êtes rentrés ici par la porte, mais vous n’en sortirez que par la cheminée". C’était tellement brutal sur le coup que je n’ai pas compris tout de suite la portée de ce qui m’arrivait. Mais en côtoyant d’autres détenus […] qui n’avaient que la peau sur les os, j’ai compris où nous étions tombés ». 

Le Struthof
1970 - 03:14 - vidéo

Au cours de la même émission, Jacques Granier, un journaliste des Dernières nouvelles d’Alsace, évoquait l’histoire de ce camp dont l’emplacement fut choisi pour la présence d’un granit rose très rare que les Nazis convoitaient. Les baraquements furent installés par un premier convoi de 300 prisonniers de droit commun allemands, aidés par les prisonniers alsaciens du camp de Schirmeck. 

En contrebas du camp de concentration du Struthof, dans la ville de Schirmeck, se trouvait en effet un autre camp, dont il ne reste plus rien aujourd’hui. Il ne s’agissait pas d’un camp de concentration, comme il est dit avec imprécision par Jacques Granier, mais d’un camp de sûreté, de redressement, pour les Alsaciens et Mosellans réfractaires au régime nazi, mais considérés par ce dernier comme assimilables, car non Juifs. Dans ce camp, qui abrita environ 10 000 personnes dans des conditions très difficiles, 78 personnes trouvèrent la mort entre 1940 et 1944.

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