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1964, lorsque l'on encourageait l'usage du plastique jetable

1964, lorsque l'on encourageait l'usage du plastique jetable

Pour lutter contre le fléau du plastique qui menace les écosystèmes, de nouvelles interdictions du plastique à usage unique vont prendre effet au 1er janvier. Il y a près de 60 ans, en plein coeur des Trente Glorieuses, la société française se mettait à l'heure du tout jetable. Sans trop se poser de questions.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 04.01.2021 - Mis à jour le 30.12.2021
Une grande vague des "emballages perdus" - 1964 - 01:03 - vidéo
 

Après l'interdiction en 2021 de la vaisselle jetable en plastique, les pailles et autres touillettes, une nouvelle série d'interdictions du plastique à usage unique va entrer en vigueur au 1er janvier 2022. Seront désormais bannis les emballages en plastique de certains fruits et légumes non transformés, les jouets en plastique offerts dans les menus pour enfants, les emballages en plastique pour la livraison des journaux, magazines et publicités. L'État devra en outre cesser d'acheter des  produits en plastique à usage unique pour utilisation sur les lieux de travail ou lors des événements qu'il organise.

« Le Français s'habitue à tout jeter après usage »

Au milieu des années 1960, en plein coeur des Trente Glorieuses, l'attitude des industriels et des Français en général était tout autre. C'était alors l'essor de la civilisation du plastique, et ce reportage des « Actualités françaises » présenté en tête d'articles illustre parfaitement cet état d'esprit. Il rende compte de la tenue du salon de l'emballage, au tout nouveau Cnit de la Défense. Le commentaire évoque le changement de comportement du consommateur : « Réputé jadis grand collectionneur de récipients vides, le Français s'habitue à tout jeter après usage. »

Le salon récompense les industriels qui mettent en oeuvre cette nouvelle philosophie du tout-jetable : « Fait significatif, l'un des oscars du salon est allé à une société qui révolutionne la distribution des vins de consommation courante avec un emballage ultra léger, non consigné. Donc le vin lui-même se plie au nouveau style. »

Un nouveau style, c'est-à-dire des bouteilles en plastique, « fabriquées en grande série près de Marseille, ces majorettes qui ne pèsent que 36 grammes ne servent plus strictement qu'à l'acheminement du vin, du lieu d'embouteillage à la table où il sera consommé. »

Le commentaire se fait alors philosophe, reconnaissant le gain de temps de ces nouvelles pratiques pour le consommateur [et la fameuse ménagère des Trente Glorieuses ] : « A la bouteille d'hier qu'il fallait récupérer, laver, au prix d'une manutention coûteuse, succède aujourd'hui la bouteille que l'on jette, purement et simplement. La vie moderne est la grande ennemie du temps perdu, et le jour n'est peut être pas si loin où, le repas terminé, le couvert, au même titre que la bouteille, retournera aussitôt au néant. Expéditif et tellement reposant ! »

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