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1962, Michel Siffre vit 61 jours au fond d'un gouffre

1962, Michel Siffre vit 61 jours au fond d'un gouffre

Dimanche 14 mars, dans le cadre de l'expérience "Deep time", une équipe 15 personnes est descendue dans la grotte de Lombrives en Ariège pour 40 jours. Une expérience qui rappelle celle menée par le spéléologue Michel Siffre au fond du gouffre du Scarrasson en 1962.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 12.03.2021 - Mis à jour le 15.03.2021

1962, Michel Siffre vit 61 jours au fond d'un gouffre

Dimanche 14 mars, dans le cadre de l'expérience "Deep time", une équipe 15 personnes est descendue dans la grotte de Lombrives en Ariège pour 40 jours. Une expérience qui rappelle celle menée par le spéléologue Michel Siffre au fond du gouffre du Scarrasson en 1962.


Par la rédaction de l'INA - Publié le 12.03.2021 - Mis à jour le 15.03.2021
17 septembre 1962 - 1965 - 05:16 - vidéo
 
17 septembre 1962 - 1965 - 05:16 - vidéo

L'équipe de "Deep time" se compose de 7 hommes et de 7 femmes, elle est pilotée par l’explorateur-chercheur franco-suisse Christian Clot. Les membres de l'expérience vont rester 40 jours dans les profondeurs de la Terre. En 1962, Michel Siffre a été le premier homme à tenter ce genre d'aventure scientifique, mais en solo. Le 17 septembre 1965, l'émission Flash sur le passé revenait sur ce défi. Enfermé seul à 100 mètres de profondeur, dans le gouffre du Scarrasson, dans les Alpes, il était resté 61 jours sans contact avec le monde extérieur et sans notion du temps. Son objectif était de voir si un humain pourrait vivre en total isolement dans un bunker antiatomique ou dans de futures bases spatiales.

Le 17 juillet 1962, le spéléologue âgé de 23 ans descend dans une grotte où la température ne dépasse pas le zéro et l'humidité atteint les 98%. De rudes conditions dans lesquelles il va affronter la solitude tout en effectuant plusieurs expériences scientifiques, notamment pour déterminer la manière dont l'horloge interne du corps humain agit sur l'organisme en dehors des cycles jour/nuit. Il n'aura ni montre ni calendrier mais un système de téléphone le reliant à la surface en cas de problème. "Il perdra ainsi toute notion de temps". Et le commentaire de préciser : "Et il a résisté deux mois, sans devenir fou, avec pour seul compagnon le bruit caverneux des blocs de glace qui s'effondraient sur la moraine mais il a avoué avoir pleuré, sangloté même de désespoir, devant cette nature hostile plongée dans l'obscurité…

"Je tremble, qu'est-ce qui se passe ? "

Finalement, le 17 septembre 1962, le chercheur appelle pour qu'on le remonte à la surface. Il est très affaibli et les 130 mètres de remontée sont éprouvants. Les images montrent sa sortie du gouffre, épuisé et à bout de force. On lui pose de grosses lunettes opaques sur les yeux pour lui éviter de devenir aveugle au contact de la lumière du jour. Il se sent mal et demande au micro qu'on lui tend : "Je tremble, qu'est-ce qui se passe ? Je vois mes mains qui tremblent". Sa tension est basse, entre 8,5 et 9. "C'est une hypotension pas dangereuse" conclut finalement le médecin qui l'examine. Michel Siffre est ensuite transporté "à dos d'homme" au camp de base où un hélicoptère l'évacue vers Nice.

A son retour en surface, le spéléologue se croit en août, il a complètement perdu la notion du temps. Durant ces deux mois passés sous terre, ses cycles de sommeil se sont décalés. Ce qu'il pensait être de simples siestes se transformaient en longues phases de sommeil. Les informations transmises en surface ont montré que ses cycles se décalaient chaque jour d'environ 30 minutes. Son horloge biologique faisait un tour complet en 24 heures et demie.

Pour l'expérience "Deep Time", les profils des participants sont variés : scientifiques, psychologues, médecins ou encore une infirmière, une bijoutière ou une professeure de mathématique vont apprendre à vivre ensemble à une température de 12 degrés. L'objectif de cette nouvelle expérience est de mieux appréhender l’adaptation de l’Homme à un environnement confiné, en vue de préparer le futur, sur Terre ou dans l’espace. Au cours du séjour sous terre six grands domaines scientifiques seront étudiés : la cognition (évaluation de la manière dont le cerveau conçoit le temps et son mode adaptatif face à de nouvelles conditions), l’épigénétique (l’étude des changements réversibles dans l’activité des gènes), la psychologie et la psychiatrie (l’étude de l’impact de la fatigue, la perception de soi et des autres…), la chronobiologie (avec l’étude du sommeil et de la physiologie générale), l’éthologie et la sociologie (l’étude de l’évolution spatiale des individus dans le groupe, le leadership…), et enfin l’écologie et la géographie (l’impact des environnements sur notre capacité adaptative).

Pour aller plus loin :

Radioscopie de Michel Siffre, à écouter sur malelen, l'offre de streaming illimité de l'INA. Jacques Chancel s'entretient avec Michel Siffre, spéléologue et géologue qui évoque sa vocation précoce pour cette activité, ses premières expériences et l'aide de la Nasa dans ses travaux. (France Inter, 31 janvier 1980)

Une interview de Michel Siffre disponible sur mediaclip, l'offre vidéo de l'INA pour les créateurs de contenus.

Florence Dartois


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