Haut lieu du tourisme estival, Saint-Tropez séduit toujours autant, les anonymes comme les célébrités. A la fois lieu de toutes les excentricités et station portuaire familiale, à "St-Trop' ", comme dit la chanson : "On chante, on vit sa vie... Douliou, douliou Saint-Tropez !"

On lance les modes à Saint Tropez, par exemple celle du monokini, allègrement pratiqué dès 1964 par la nageuse Christine Caron que ce reportage a surpris en plein baignade. Mais le reporter n'est pas le seul à "lorgner" la "belle naïade" comme le prouve ce reportage des Actualités Françaises...

"Charmante et simple fille de la mer, une de ces bonnes petites villes modestes poussées dans l'eau comme un coquillage." Ainsi Guy de Maupassant décrit-il Saint-Tropez au XIXe siècle. Une description qui a bien évolué ces dernières décennies. Certes, Saint-Tropez reste l'un de ces endroits où la mer fait partie du quotidien. Mais de 150 pêcheurs il y a plusieurs années, ils sont maintenant à peine une petite dizaine.

Et Saint-Tropez s'est transformée en destination de plaisance : l'endroit chic pour passer des vacances choc.

Des embouteillages comme à Paris

On vient des quatre coins du monde pour se montrer à Saint-Tropez. D'environ 5300 habitants en hiver, la ville s'agrandit de 80 000 à 100 000 âmes en été. D'une saison à l'autre, ce sont deux univers complètement différents.
En hiver, paisible, la fièvre monte à partir du mois de juin. En été, tapageur, ravageur, fébrile, le petit village devient méconnaissable. La folie des grandes cités s'exporte jusqu'à St-Trop' : alors que Paris est déserté, il faut compter plus de deux heures pour pouvoir entrer ou sortir de la ville sudiste.

De la mer à la terre, toujours plus de luxe

Cela ne concerne pas uniquement les parkings routiers, mais aussi le port. Au fur et à mesure, les yachts se multiplient et leurs propriétaires bataillent pour une place… sous le soleil. Aussi, la mairie de Saint-Tropez a dévoilé en juillet le projet d'un troisième bassin (d'un coût d'environ 100 millions d'euros, selon une première estimation), dédié à la "grande plaisance". Ce plan d'eau permettrait l'hivernage d'une cinquantaine de yachts et de leurs équipages, qui peuvent atteindre une douzaine de personnes. Il serait bordé d'une zone dédiée à l'entretien et prévoirait même une aire d'atterrissage pour les hélicoptères !

Le risque d'être défiguré

Toujours plus de vacanciers, toujours plus d'embarcations et toujours plus de villas… Le célèbre clocher orangé doit côtoyer un urbanisme effréné, qui modifie en profondeur le visage de la ville. Mais heureusement, derrière l'image médiatique, se cache une forte identité et Saint-Tropez sait défendre son authenticité. La même qui avait séduit, un siècle plus tôt, les peintres néo-impressionnistes comme Paul Signac. Ils n'avaient alors vu en Saint-Tropez qu'un halo parfait de lumière. Charmés, ils avaient alors décidé de répandre partout son nom...

Pour aller plus loin

Actualités Françaises : Saint Tropez 1961. (12 juillet 1961)

Cinq colonnes à la Une : Saint Tropez. "On ne peut pas dormir nous l'été les anciens, c'est surtout le mois d'août qui est terrible..." (1er juin 1962)

Le temps de loisirs : nocturne sur "Champ d'Azur", la nuit à Saint Tropez. (25 septembre 1965)

JT nuit : le Saint Tropez des hippies, un problème pour la municipalité, "on veut dégager cette faune, ils viennent de n'importe où..." (3 août 1971)

Mi-fugue, mi-raison : deux anciens de Saint Tropez témoignent de l'ancien village et de sa vie d'avant. (7 mai 1980)

Rédaction Ina le 29/07/2007 à 00:00. Dernière mise à jour le 22/07/2020 à 10:44.
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