Quatre anciennes porteuses du dispositif contraceptif Essure et victimes de nombreuses pathologies attribuées à cet implant ont annoncé lundi leur volonté de vouloir porter plainte contre l'Etat. Retour en 2007, lorsque Essure était présenté comme un progrès.

Ces quatre femmes ont fait réaliser des analyses sur ces implants contenant de l'étain dont des particules ont été retrouvées dans leurs tissus. Elles viennent de lancer une demande d’indemnisation à l’État. Faute de réponse d'ici deux mois, elles porteront plainte devant la justice administrative.

Ce sujet diffusé le 6 mars 2007 dans le JT Basse Normandie soir, présentait ce dispositif comme révolutionnaire. Baptisée "Essure" cette méthode américaine définitive ne nécessitait pas d'intervention chirurgicale, ni d'hospitalisation. La polyclinique du Cotentin était alors l'un des premiers établissements de la région à proposer la pose de ce dispositif médical.

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Sur des images d'implantation, le commentaire décrit les avantages de la technique : "Contrairement à la ligature des trompes qui nécessite une anesthésie générale, cette méthode s'effectue en 10 minutes et sans acte chirurgical. La technique consiste à poser un implant dans chacune des trompes. Le but, empêcher la fécondation entre l'ovaire et le spermatozoïde. Cette intervention se fait par voies naturelles".

Gilles Marie, gynécologue chirurgien obstétrique de la clinique, précise : "Cette technique apporte une simplicité, une efficacité, à ceci près qu'il est nécessaire d'attendre trois mois que le dispositif disposé dans les trompes, bouche les trompes".

Le commentaire souligne que 50 000 femmes en France choisissent chaque année la contraception définitive.

Dans sa chambre, Martine, une patiente qui vient de recourir à cette méthode témoigne : "C'est définitif. Le fait que ce soit fait par voie naturelle. C'est ce qui m'a décidé. Peut-être pour certaines personnes ça peut être lourd. Moi je n'ai pas trouvé ça lourd, parce que j'ai déjà trois enfants. Et que je ne désirais pas avoir d'autres enfants… et mon mari, parce que je ne suis pas toute seule, non plus".

La journaliste conclut : "Le coût de la procédure s'élève à 1200 euros. Depuis février 2005, cet acte est pris en charge par certaines caisses maladies."

175 000 femmes ont reçu cet implant contraceptif. Il a été retiré du commerce en 2017 par le laboratoire Bayer. Une trentaine de victimes de cet implant, ont déjà déposé plainte contre X en avril 2019 pour "blessures involontaires".

Pour aller plus loin

Le 27 mai  2008, le professeur Jean Thevenot, gynécologue obstétricien à la clinique Ambroise Paré, à Toulouse, est l'invité de France 3 Toulouse à propos de "la contraception aujourd'hui". Le sujet de jour est la stérilisation définitive comme la ligature des trompes. Mais il fait également le référence à la méthode Essure, une nouvelle technique qui se fait par "voies naturelles, sans hospitalisation". Il précise que cette méthode n'est pas réversible et souligne que c'est la recommandation de la Haute Autorité de santé du mois d'octobre 2007, qui précisait que cette technique devait être proposée en priorité aux femmes qui souhaitaient une stérilisation. Le reste de son propos concerne la contraception classique (pilule, stérilet).

Rédaction Ina le 11/02/2020 à 17:45. Dernière mise à jour le 12/02/2020 à 08:46.
Sciences et techniques Médecine, Santé