Le 8 août 2019, une explosion survenue dans une base militaire russe a fait cinq morts et trois blessés. Le gouvernement russe a reconnu le caractère nucléaire de l'accident. A 30 km de là, dans la ville de Severodvinsk, l'accident a provoqué la panique. En 1997, cet ancien chantier naval était à l'abandon et ses habitants laissés à eux-mêmes.

L’agence nucléaire russe Rosatom qui gère la base a indiqué succinctement que l’accident a eu lieu sur "une plateforme maritime", entraînant la chute de plusieurs de ses employés à la mer. Au bout de deux jours, les autorités ont finalement reconnu le caractère nucléaire de l'explosion. C'est la partie propulsive d’un missile expérimentale contenant des liquides radioactifs qui a explosé. Et en effet, dans la ville de Severodvinsk, située à 30 km de la base, un niveau de radiation supérieur à la normale a bien été mesuré (jusqu’à 2.0 microsievert par heure, la limite réglementaire étant de 0,6 microsievert par heure). De leur côté, les autorités russes ont assuré qu'il n'y avait pas eu de contamination radioactive.

Severodvinsk, qui compte aujourd'hui 190 000 habitants se situe au bord de la mer des Barents. C'est un ancien chantier naval prospère. Pendant la Guerre froide, on y produisait et réparait les sous-marins nucléaires. "Chaque année, quatre ou cinq sous-marins flambants neufs sortaient des cales de Severodvinsk."

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"Il n'y a guère que les vendeurs de vodka qui se remplissent les poches !"

En 1997, ce reportage nous présente une ville à l'agonie et des habitants désemparés.  Depuis plusieurs mois ses chantiers sont laissés à l'abandon. Les 9000 employés sont au chômage technique. Nous sommes en mars et les ouvriers attendent toujours leur salaire d'août. La situation est critique.

A l'époque, la ville compte 250 000 habitants : "Au marché de la mer blanche, chacun essaye de vendre ce qu'il trouve ou ce qu'il a volé dans les ateliers des chantiers navals. Mais les clients sont rares. Il n'y a guère que les vendeurs de vodka qui se remplissent les poches !"

En ces temps de pénurie, Sergueï et sa famille mangent parfois pour douze francs (environ 1,80 euro) à la cantine de l'usine : "mais à ce prix, ils n'y vont que les jours de fête. Le reste du temps, ils se débrouillent…"

Dans sa cuisine, son épouse exhibe au reporter des pattes de poulets congelés : "D'habitude personne ne les garde. On a déjà mangé les poulets, il ne reste que les pattes, alors il faut bien faire avec..."

Les habitants attendent l'été avec impatience car une fois la neige fondue, ils peuvent jardiner pour améliorer leur ordinaire. "L'automne, les champignons et toute l'année, la pêche à la ligne. C'est comme ça qu'ils survivent en attendant que quelqu'un peut-être, à nouveau, ait besoin de sous-marins atomiques."

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Florence Dartois

Rédaction Ina le 13/08/2019 à 11:37. Dernière mise à jour le 13/08/2019 à 11:58.
Economie et société