Ce mardi, une soixantaine de députés LREM et LR ont déposé une proposition de loi à l’Assemblée visant à interdire l'écriture inclusive jugée illisible. Voyons comment cette institutrice tentait d'expliquer à sa classe la prédominance du masculin sur le féminin en grammaire.

L'écriture inclusive désormais critiquée pour son illisibilité et sa complexité, a d'abord été imaginée pour abolir la prédominance du masculin sur le féminin appliquée dans la grammaire française. Un fait que tentait d'expliquer cette institutrice à sa classe de CE2 dans l'école primaire Saint Exupéry, en 1990. Une règle grammaticale dont la logique était bien compliquée à faire comprendre aux écoliers.

"Je vais vous prouver que 1 est plus grand que 10…"

"Savez-vous les enfants que 1 est plus grand que 10" ? Voilà comment commence l'exposé de madame Duina. Une affirmation rejetée comme une évidence par la classe dans un grand "noooon" hurlé collectivement. Et pourtant l'institutrice insiste : "eh bien moi, je vais vous prouver que 1 est plus grand que 10… car oui, dans la grammaire française, le masculin l'emporte sur le féminin."

Pour illustrer sa démonstration, elle colle au tableau une balance. Sur l'un des plateaux, elle positionne l'image de dix petites filles. Sur le second plateau, elle positionne la représentation d'un petit garçon et interroge : "normalement, si je travaille avec des pommes, des poires, des légumes, sur le plateau, est-ce que ça changerait quelque chose ? Non ça ne change pas". Les filles en majorité pèsent plus lourd." Les enfants acquiescent ce qui leur paraît d'une logique imparable.

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"Elles" + "il"= "ils"

Mais la maîtresse d'école fait descendre le plateau où se trouve le garçon. Désormais, c'est lui seul qui pèse plus lourd. Au grand étonnement des écoliers. Elle commente son geste, "seulement moi, je vais faire changer le plateau parce qu'en français, en grammaire plus exactement, les petites filles qui font "elles" et un petit garçon qui fait "il" et bien : "Elles" + "il"= "ils". Si bien que le masculin l'emporte sur le féminin". Ça prouve bien notre démonstration : le 1 est plus grand que le 10" !

Devant cette conclusion, les fillettes de la classe s'insurgent et poussent un grand "NAN !", alors que les petits garçon désarçonnés, se tassent sur leur chaise avec des petits rires gênés, visiblement déstabilisés par cette incongruité…

L'utilisation de l'écriture inclusive a été visée officiellement dès 2017 lorsque Édouard Philippe, alors Premier ministre avait déclaré dans une circulaire, "inviter" ses ministres "à ne pas faire usage de l’écriture dite inclusive". Bientôt suivi par Jean-Michel Blanquer,  le ministre de l’Éducation nationale qui s’était déclaré contre son utilisation dans les manuels scolaires. Sans oublier la déclaration de l’Académie française évoquant un "péril mortel" pour la langue française. Un débat qui va donc reprendre dans les semaines à venir dans l'Hémicycle.

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12/14 : Cerise pomme pêche et chocolat : l'égalité des femmes. Le masculin féminin dans la langue française. Reportage réalisé par Patrick Villechaize au groupe primaire Saint Exupéry de Belfort dans une classe de CE2.  (13 janvier 1990)

Florence Dartois

Rédaction Ina le 24/02/2021 à 13:19. Dernière mise à jour le 24/02/2021 à 13:25.
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