Jeudi 6 décembre, une lycéenne grenobloise de 16 ans a été grièvement blessée au visage après avoir reçu un tir de Flash-Ball de la part d'un membre des forces de l'ordre. Cet incident s'ajoute à d'autres blessures au Flash-Ball infligées à des lycéens et à des manifestants dans le cadre des troubles qui secouent le pays depuis plus d'une semaine.

En réponse, la Ligue des droits de l'Homme a publié vendredi 7 décembre un communiqué demandant au gouvernement l'interdiction des lanceurs de balles de défense, le terme générique de ces armes non létales fabriquées par l'industriel français Verney-Carron.

Car le Flash-Ball est une arme...française. En 1995, à l'occasion de l'annonce faite par les autorités d'équiper les brigades anti-criminalité (BAC) de Flash-Ball, France 3 Nancy présentait son "heureux inventeur", un Mosellan du nom de Pierre Richert. C'est en 1990 que cet ancien expert et professeur de balistique, "retraité et passionné par les armes en tout genre depuis l'âge de 14 ans", mettait au point ce "fusil révolutionnaire". 

L'inventeur expliquait ses motivations, celles de proposer une arme non létale dissuasive et ne provoquant pas de blessures : "Je voulais depuis longtemps faire le contraire de ce que tout le monde avait fait, petit calibre et grande vitesse qui font des trous, et je voulais venir au gros projectile à faible vitesse qui tape fort sans blesser".

Malheureusement, les récents événements, qui s'additionnent à d'autres blessures graves causées par les Flash-Ball depuis le début des années 2000, contredisent cet optimisme des débuts.

Rédaction Ina le 07/12/2018 à 18:59. Dernière mise à jour le 10/12/2018 à 09:53.
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