Ce mercredi 21 juillet, c'était la journée mondiale de la malbouffe. L'occasion de (re)découvrir que ce concept n'est pas nouveau, et que les alertes à son encontre ne datent pas d'hier. Ainsi, en 1979, Joël de Rosnay dressait un réquisitoire contre nos habitudes alimentaires qui n'a pas pris une ride.

Le 19 octobre 1979, sur le plateau d'Apostrophes, Joël de Rosnay présente son livre "La mal bouffe", qu'il a écrit avec son épouse Stella. Cet ouvrage, qui va connaître un immense succès d'édition, contient déjà toutes les recommandations actuelles en termes de nutrition. Pour Joël de Rosnay, son écriture leur a été dictée par le constat d'une société en perte de sens par rapport à son alimentation : « Nous voulions réagir contre la pléthore alimentaire, le gaspillage, et surtout le déséquilibre alimentaire ».

« Mal bouffe c'est un mélange entre la malnutrition et la grande bouffe ». En avance sur son temps, et alors que la question du microbiote et du 2e cerveau que constitue l'intestin commencent à peine aujourd'hui à s'imposer dans le débat public, Joël de Rosnay alertait sur les risques du déséquilibre : « Il y a quelque chose qui nous touche tous directement, c'est la nourriture déséquilibrée. Quand on a pas le temps de faire de la très bonne nourriture, qu'on va acheter au supermarché un certain nombre d'ingrédients, savoir les équilibrer, c'est déjà essentiel pour maintenir une santé optimale. »

Rappelant les statistiques montrant dans les pays développés que sur les 10 maladies les plus mortelles, 6 ont pour origine l'alimentation, l'auteur enfonçait le clou en dénonçant un régime moderne et occidental, à la fois « trop copieux, trop carné, trop gras, trop sucré, trop salé, trop raffiné et trop arrosé ».

A la question de Bernard Pivot lui demandant de définir ce qu'il entendait par « raffiné », Joël de Rosnay dénonçait le processus du blutage qui fait perdre les nutriments les plus intéressants de la céréale : « Par raffiné j'entends les farines blanches blutées dont on a enlevé tout ce qui était bon : le germe de blé a disparu, les fibres ont disparu, de même que le son de blé ». 

L'auteur soulignait enfin dans cette interview le rôle fondamental des « fibres, trop oubliées par rapport aux graisses, sucres et protéines ».

Joël de Rosnay reste aujourd'hui, à 84 ans, une référence dans le monde de la vulgarisation scientifique et de la futurologie.

Rédaction Ina le 21/07/2021 à 15:48. Dernière mise à jour le 22/07/2021 à 15:18.
Economie et société