Sauvons les abeilles en plantant des fleurs ! La 3ème édition de la Semaine des fleurs pour les abeilles se déroule du 14 au 23 juin 2019. Mais savez-vous comment travaillent les butineuses et comment fonctionne une ruche ? En 1965, un apiculteur vosgien nous expliquait tout.

La Semaine des fleurs pour les abeilles a pour thème en 2019 : "Semez et plantez des milliards de fleurs pour les abeilles". On parle beaucoup des butineuses mais on connait moins le travail qu'elles effectuent dans les ruches. Partons à la découverte d'une "petite"entreprise" qui était très performante et ne connaissait pas la crise avant le phénomène de disparition des abeilles qui désormais met en péril l'Apis mellifera (l'abeille à miel). Une société très élaborée qui existe depuis 80 millions d'années, soit 60 millions d'années avant l'homme...

Une colonie d'abeilles se composent de milliers d'individus ayant tous un rôle bien déterminé : butineuse, ouvrière, balayeuse, cireuse, les mâles et la reine. En 1965, monsieur Moulin, apiculteur dans les Vosges, accueillait une équipe de télévision dans son rucher dit des "Hautes cimes", à Tholy.

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Monsieur Moulin en pleine démonstration devant des élèves

Vive la reine !

A l'époque, il est à la tête "d'une centaine de ruches, soit une peuplade de 10 à 11 millions d'abeilles". Ce passionné de butineuses raconte qu'il doit sa vocation à son père mais plus étonnant, à Walt Disney... il présente ensuite fièrement sa ruche d'observation qui héberge 18 000 abeilles et en explique le fonctionnement au reporter : "Une partie, ce sont des abeilles ouvrières donc la plus grosse partie. En plus, il y a des mâles et une reine seulement. Dans chaque colonie, qu'il y ait, 10, 20 ou 18 000 abeilles, il n'y aura qu'une reine seulement. Une colonie normale comprend 100 000 abeilles, ça peut même aller jusqu'à 130 000. Une reine est facile à reconnaître, cinq jours après sa naissance, elle part à la fécondation nuptiale et là l'abdomen se développe d'avantage. Le rôle des abeilles, c'est simplement pondre. Elle est nourrie par les abeilles à base de gelée royale. Elle ne fait que de pondre. Elle ne sort pas de sa ruche et elle peut pondre jusqu'à 2 500, même 2 800 œufs par jours dans une ruche normale. Une reine peut vivre cinq ans."

Un colonie bien hiérarchisée

"Autour de la reine, vous avez la garde de la reine. Vous avez 10, 12 jusqu'à 15 abeilles… elle protège la reine au moment de sa ponte. En plus, vous avez les abeilles cirières, celles qui édifient les cellules. [Architectes qui construisent les cellules] Vous avez les abeilles balayeuses, celles qui enlèvent les abeilles mortes de la nuit. Elles les emmènent hors de la ruche et, croyez-moi, pas tout prêt ! A 200-300 mètres, elles peuvent les porter dans leurs pattes […] Les mâles servent à tenir la chaleur de la ruche, ils servent à féconder les reines… mais ils ne servent pas chaque jour. Il peut y en avoir un qui aura la chance de partir au vol nuptial et de féconder la reine car une reine n'est fécondée qu'une fois dans sa vie."

"J'aime beaucoup le miel, il m'en faut au minimum 250 grammes par jour !"

Monsieur Moulin est également un collectionneur de ruches qu'il aime faire découvrir aux visiteurs. Suivons-le dans son rucher où s'alignent différents types de ruches : en paniers, comme autrefois. Il a aussi une colonie qui travaille dans un arbre creux qui lui donne "du miel à rayons dans des petits paniers vendus aux touristes." Il a ensuite des ruches classiques comme la ruche d'Adam. Il possède aussi "une ruche très moderne, allemande, en plastique" qui a la particularité de posséder un chauffage intérieur ! "Elle peut conserver une température de 18°c même par -20°c."

L'apiculteur fait ensuite la démonstration de l'extraction du miel à partir des cadres des ruches dans un extracteur radiaire. En quatre minutes, il obtient cinq kilos de miel.

Pourtant très svelte, il avoue avec humour en fin de reportage : "J'aime beaucoup le miel, il m'en faut au minimum 250 grammes par jour !"

Pour aller plus loin 

Lorraine soir : les abeilles au rucher des cimes au Tholy. (30 septembre 1965) (Tout le reportage) 

Images de nos provinces : les ruches du gâtinais, le travail des apiculteurs. Dans le Gâtinais, reportage sur le travail d'un apiculteur qui élève des reines. Commentaire sur images d'opérations d'enfumage, de prélèvement de larves, d'extraction de la gelée royale et du miel en laboratoire. (11 décembre 1965)

Vie agricole : la transhumance des abeilles. Le reportage présente la transhumance des abeilles que prépare Maxime Concordet, président des apiculteurs du Puy de Dôme et apiculteur depuis 1934. Il donne diverses informations sur l'élevage des abeilles, la protection des abeilles : alerte déjà sur la dangerosité des produits chimiques pulvérisés sur les cultures pour l'abeille et rappelle en particulier le rôle des abeilles en tant qu'agents fécondateurs pour les végétaux. (24 juin 1966)

Bretagne Actualités : au royaume des abeilles. Reportage consacré à la production de miel à travers le témoignage de différents apiculteurs présentant leurs activités. (22 octobre 1968)

La fonctionnement d'une ruche ?

Magazine régional : le repeuplement d'une ruche et la récolte du pollen par les abeilles. Reportage présentant une opération de repeuplement d'une ruche, le rôle de la reine, par un apiculteur ainsi que la récolte du pollen par les abeilles. Le commentaire est illustré d'images de l'enfumage de la ruche, du marquage des reines et d'abeilles butinant. Description de la danse de l'abeille, permettant aux différentes abeilles de ne pas revenir butiner là où le travail a déjà été fait par une collègue… (30 septembre 1972) 

Connaitre les abeilles : un rucher école. Face à la méconnaissance des abeilles, concernant, par exemple, leurs piqûres, un apiculteur présente le fonctionnement d'une ruche au jardin du Luxembourg, devant un public nombreux. (30 septembre 1972)

Le Journal Provence-Alpes-Côte d'Azur-Corse : fabrication du miel dans les Hautes-Alpes. Le miel est une ressource économique importante de ce département. Ce produit, fait à partir d'une flore très riche et variée et sa commercialisation est facile. Les qualités secondaires sont employées dans la pâtisserie, essentiellement pour la fabrication du nougat. Pour une production annuelle de 20 000 tonnes en France, le département des Hautes Alpes fournit à lui seul 150 tonnes. Pour 350 familles, l'apiculture représente l'essentiel ou la totalité des ressources. Interview d'un apiculteur qui explique le procédé de récolte du miel et qui souhaite que des mesures soient prises afin d'encourager le développement de l'apiculture. (16 septembre 1977) 

La récolte du miel ?

La récolte et l'extraction du miel. Présentation de la récolte du miel. Différentes étapes : enfumage, pesée des hausses, retrait des alvéoles, centrifugation, mise en pot. (30 septembre 1972) 

Quelques initiatives pour nourrir les abeilles.

19/20 : le journal des Alpes : cultures des plantes polliniques pour les abeilles. Depuis plusieurs années, les apiculteurs Savoyards font le constat d'une diminution de la ressource en plantes mellifères, ces plantes que vont butiner les abeilles pour confectionner leur précieux miel. La Chambre d'Agriculture de la Savoie a décidé d'inciter les agriculteurs à la culture de plantes polliniques. (22 octobre 2009)

Edition Périgord : jachères mellifères pour sauver les abeilles. Reportage. Des zones de cultures ont été aménagées avec différentes variétés de plantes fleuries (jachères mellifères) pour la protection des abeilles. Les abeilles butinent ces fleurs sans pesticide. Le conseil général finance les semences aux agriculteurs volontaires pour installer ces jachères mellifères (15 juillet 2010)

Florence Dartois

Rédaction Ina le 12/06/2019 à 17:36. Dernière mise à jour le 12/06/2019 à 17:50.
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