Les bars et restaurants rouvrent mercredi 19 mai, mais seulement en terrasse. Lieux de convivialité, ils représentent un véritable art de vivre à la française et au début des années 1960, ils étaient le refuge des étudiants. 

Lieux de convivialité, les cafés et terrasses représentent un véritable art de vivre à la française. Le 12 novembre 1962, le magazine "L'avenir est à vous" consacrait un reportage aux cafés si chers aux Français mais plus particulièrement aux étudiants. Nous vous proposons de replonger dans l'ambiance festive des troquets parisiens et de leurs terrasses bondées, avec un focus sur les cafés du quartier Latin.Tour à tour, lieux de détente, salles de travail ou de débats politiques, les terrasses du quartier Latin étaient le lieu de rencontres préférés des universitaires et jouaient un rôle social primordial.

Imaginez que l’on prive le carrefour Médicis de son jet d’eau. Que l’on arrache à la rue Soufflot son cher Panthéon. Que resterait-il du quartier Latin ? Ses cafés. Par dizaines, ils s’entassent les uns contre les autres. Après s'être parés sans pudeur de noms prestigieux, ils ouvrent tout grand leurs bras aux étudiants de Paris…

L’heure de pointe se situe entre midi et deux heures. Une affluence qui fait rêver en temps de pandémie : "On se demanderait ce qu’il adviendrait de tous ces étudiants si il n’y avait pas de cafés pour les recevoir…”

Mais la boisson plébiscitée n'est pas la bière… “Qu’est-ce que vous prenez mademoiselle quand vous venez au café ?” “Ha du café, café sur café.” “Beaucoup de café.” “Un café en général.” “Moi je bois de l’express.” “Souvent un café crème parce que c’est moins cher (Rires).

"Je fais première année de droit et deuxième année de Soufflot" 

Les clients discutent gaiement, d'autres lisent, certaines se pomponnent en prévision d'un futur rendez-vous. Mais leur activité préférée, en plus de réviser les cours, c'est regarder les passants, un passe-temps qui remplace selon certains tous les théâtres. Les étudiants étrangers interrogés trouvent les terrasses géniales, un lieu rare chez eux. Leur budget café est donc conséquent. On y vient seul mais on préfère y retrouver des amis. C'est aussi un lieu de rencontre, comme le racontent cette Allemande et ce Malgache qui se sont rencontrés dans un café du quartier Latin.

Les terrasses brassent une infinité de gens de milieux différents mais les étudiants avouent rester le plus souvent entre eux. Dans les cafés, on vient aussi tuer le temps, rêver, travailler : "Est-il possible d'étudier au milieu du bruit et de la foule ?", les étudiants en médecine du café "Le Rouquet" semblent perplexes, mas les artistes ou les littéraires viennent volontiers là pour combler le manque de place dans les bibliothèques ou l'éloignement des domiciles. Au Soufflot, proche de la faculté de Droit, on parle littérature, histoire et politique. "Je fais première année de droit et deuxième année de Soufflot" plaisante cet étudiant redoublant… "Je ne pense pas que ce soit à cause du café même si j'y passe beaucoup d'heures."

Au café, les étudiants refont le monde, mais les milieux sociaux ne se mélangent pas. Toujours selon notre étudiant en Droit, le café est absolument indispensable à la vie d'un étudiant … "en l'occurrence il n'y a que le café à l'heure actuelle".

Après plusieurs mois de pandémie, le retour sur les terrasses des cafés et des restaurants était très attendu. Il est à parier qu'elles feront le plein ce 19 mai. Du côté des restaurants, les réservations sont déjà pour la plupart complètes.

Pour aller plus loin : 

Pour les créateurs de contenus numériques, mediaclip a sélectionné cette vidéo : La vie qui passe devant le café de Flore

Rédaction Ina le 11/05/2021 à 11:36. Dernière mise à jour le 19/05/2021 à 11:24.
Economie et société