Antoine Leiris, "Vous n'aurez pas ma haine"...

Redaction Ina le 10/11/2017 à 12:20. Dernière mise à jour le 10/11/2017 à 12:39.
Economie et société

Le soir du 13 novembre 2015, Antoine Leiris perd sa femme Hélène dans l'attentat du Bataclan. Quelques jours après, il publie un texte humaniste qui va bouleverser la sphère Internet, Vous n'aurez pas ma haine... Dans cet entretien, il revient sur sa vie après le drame et sur sa reconstruction, seul avec son fils.

Le soir du 13 novembre 2015, Antoine Leiris perd sa femme Hélène dans l'attentat du Bataclan. C'est la maman de son fils Melville, alors âgé de 17 mois. Quelques jours après, il publie une lettre sur les réseaux sociaux, Vous n'aurez pas ma haine. Elle sera partagée par des centaines de milliers d'internautes. Dans ce texte, aucune colère mais de l'amour. Il y décrit son combat pour ne pas se laisser envahir par la haine.

Deux ans après les faits, cet essai humaniste édité chez Fayard en avril 2016, édité vient d'être adapté pour le théâtre. Il sera joué au Théâtre du Rond-Point à Paris du 14 novembre jusqu'au 10 décembre 2017. Mise en scène de Benjamin Guillard, avec Raphaël Personnaz, composition musicale Yaron Herman.

En avril 2016, Antoine Leiris accordait une longue interview au 20h00 de France 2 et revenait avec des mots très forts sur son parcours et l'évolution de ses sentiments après la perte de son amour.

"Ne pas se laisser guider par ce sentiment animal de colère..." 

Ce texte il l'a d'abord écrit pour son fils : "d'abord parce que j'ai un enfant, je souhaite qu'il grandisse, qu'il puisse être heureux, malheureux aussi. Qu'il puisse être un enfant comme les autres… La colère et la haine empêche le cerveau de comprendre et d'avancer, ça brouille la lucidité et je voulais qu'on garde tous les deux cette lucidité car on va avoir beaucoup d'épreuves à affronter et qu'il ne faut pas se laisser guider par ce sentiment animal de colère".

Se désintéresser des "âmes mortes"...

Antoine Leiris explique ensuite pourquoi il a choisi de se désintéresser des terroristes. "M'intéresser à eux, ce serait leur laisser une place dans mon cœur qui est dédiée à Hélène".

Ne pas "se laisser aller à la faiblesse"

Quant à sa force intérieure, il la considère plutôt comme un refus "de se laisser aller à la faiblesse" et de faire face à ce qui allait être le reste de sa vie : l'absence de la femme de sa vie et de la mère de son fils.

Son choix a été de dire très vite à son enfant que sa maman était morte, plutôt que "disparue", "au ciel" ou "décédée" pour ne pas laisser l'impression qu'elle allait revenir. "Elle est un souvenir qu'on a en nous très vivant, mais la réalité, c'est que son corps est mort, qu'elle a arrêté de vivre".

Continuer à vivre...

Dans leur quotidien, il a mis beaucoup de photos dans l'appartement. Il raconte des souvenirs au petit. Le retour à la vie, aux choses simples se fait lentement, avec des "rires vrais", comme ceux qu'ils avaient avant le drame. Une sorte de retour à la légèreté.

Pour conclure l'entretien ces simples mots "Oui ça va mieux. Ça va mieux".

leiris620

Pour aller plus loin

Chanter au Bataclan (playlist)

Les attentats de janvier 2015 à Paris (article)