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Simone Veil en 1996 : «Ce n'est pas si facile de combattre l'extrême droite et Jean-Marie Le Pen»

Simone Veil en 1996 : «Ce n'est pas si facile de combattre l'extrême droite et Jean-Marie Le Pen»

Élisabeth Borne a estimé que le RN était un «héritier de Pétain» porteur d'une «idéologie dangereuse» et dont il ne fallait pas «banaliser» les idées. En réponse, Emmanuel Macron a, lui, appelé à ne pas combattre l'extrême droite «par des arguments moraux» mais par «le fond» et «le concret». À ce sujet, écoutons le positionnement de Simone Veil en 1996.

Par la rédaction de l'INA - Publié le 31.05.2023
 

L'ACTU.

Emmanuel Macron a assuré mercredi 31 mai qu'Élisabeth Borne avait toute sa «confiance», après avoir semblé la recadrer sur la manière de contrer le Rassemblement national. Dimanche, la Première ministre avait répondu par l'affirmative quand on l'interrogeait sur Radio J pour savoir si le RN était un parti héritier de Pétain. «Je pense qu'il ne faut pas banaliser ses idées, ses idées sont toujours les mêmes. Alors maintenant, le Rassemblement national y met les formes, mais je continue à penser que c'est une idéologie dangereuse», avait-elle jugé.

Mardi en Conseil des ministres, Emmanuel Macron, selon des propos rapportés par la presse, a semblé la contredire. «Vous n'arriverez pas à faire croire à des millions de Français qui ont voté pour l'extrême droite que ce sont des fascistes», a ainsi lancé le chef de l'Etat en présence d'Élisabeth Borne. «Le combat contre l'extrême droite ne passe plus par des arguments moraux», a assuré le président Macron en Conseil des ministres. Selon lui, «il faut décrédibiliser» le RN «par le fond et les incohérences» plutôt que par des «mots des années 90 qui ne fonctionnent plus».

L'ARCHIVE.

Faire barrage : c'est globalement la position morale et concrète de l'échiquier politique face au RN depuis les débuts du parti d'extrême droite, fondé à partir de la réunion de différents courants nationalistes. Parmi eux, Ordre Nouveau qui ne cachait pas son admiration pour la politique de Vichy et autres références liées à la collaboration.

Il est toutefois arrivé que les partis soient embarrassés sur la position à adopter.

Ainsi, dans ce cadre, écoutons ce que disait Simone Veil en 1996. Face à Alain Duhamel et Jean-Luc Mano sur France 2, l'ancienne ministre était invitée à réagir à un propos de Jean-Marie Le Pen se défendant d'être extrémiste. «Oui, bien sur, il est extrémiste, Jean-Marie Le Pen se défend d'être d'extrême droite mais il présente toutes les idées de l'extrémisme, il devrait assumer et le dire, car lui-même se condamne en essayant de se défendre», disait-elle.

Elle reconnaissait toutefois qu'il n'était pas «si facile» de combattre les idées de l'extrême droite et de Jean-Marie Le Pen car le discours de son parti était habile, qui plus est lorsque le climat social devenait difficile, ce qui pouvait permettre des confusions dans les esprits. Elle estimait ainsi que le barrage au second tour d'une élection était impératif, là où les idées des partis républicains doivent s'exprimer dans le cadre des premiers tours, pour ne pas brouiller ce qu'est la droite et la gauche. «La candidature commune est un danger», poursuit-elle. Un barrage en deux temps donc.

Pour elle, combattre ces idées pourrait revenir à diviser la société, notamment avec ceux qui portent un discours confus. «Il ne faut pas couper la France en deux», explique-t-elle. Des propos des années 90.

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