Le chemin de la Nouvelle-Calédonie vers l'autodétermination

Redaction Ina le 02/05/2008 à 00:00. Dernière mise à jour le 03/11/2017 à 17:25.
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Ce 2 novembre à Matignon, un accord politique a été trouvé sur l'organisation d'un référendum d'autodétermination en Nouvelle Calédonie. Pour apaiser ce territoire désireux d'indépendance, le 26 juin 1988, étaient signés les accords de Matignon : ils prévoyaient l'instauration d'un référendum. Retour en images sur cette période importante de l'histoire de l'archipel 25 ans après les faits.

Le massacre d'Ouvéa

Point de départ du processus d'indépendance : le 22 avril 1988 et les événements de l'île d'Ouvéa. Ce jour-là, de jeunes indépendantistes kanaks, membres du FLNKS, attaquent une gendarmerie. Après avoir tué 4 militaires, le groupe autonomiste prend en otage les 27 autres gendarmes dans une grotte. L'enlèvement se solde par l'intervention du GIGN et le décès de 21 personnes.

88 : les accords de Matignon

Ce massacre fait réagir. Michel Rocard, alors fraîchement nommé Premier ministre, entreprend des discussions entre le FLNKS indépendantiste, principalement kanak, et le RPCR, des caldoches (métropolitains) résolument acquis à la République.
 Les discussions aboutissent le 26 juin 1988 à la signature à Paris des accords Matignon. Ce contrat qui prévoit un referendum sur l'indépendance en 1998 apaise les tensions. Et même si les effets de « Matignon » ne parviennent pas toujours jusque dans les tribus, notamment en terme d'emplois, kanaks et caldoches travaillent désormais main dans la main, en marche pour un destin commun.

Principes des accords de Matignon :

- L’administration Calédonienne est placée sous l’autorité de l’Etat français de manière à garantir l’impartialité de l’action publique. Le statut est transitoire.

- Les français sont invités à se prononcer par référendum sur les nouvelles institutions.

- Un nouveau scrutin d’autodétermination est envisagé en 1998

- Mise en place d’un important plan de développement économique pour équilibrer entre Nouméa et le reste du territoire.

Si Simone Veil qualifie ces accords de succès tout à fait remarquable », il subsiste plusieurs zones d’ombres notamment sur le découpage du territoire en région fédéral et la composition du corps électoral, et l’autodétermination du peuple Kanak.

Jean-Marie Tjibaou affirme "redouter sa faiblesse". 

De retour en Calédonie, Jean Marie Tjibaou et Jacques Lafleur présentent les propositions de l’accord aux bases de leur camp lors de conventions. Jean Marie Tjibaou est contesté par une partie de son camp qui lui reproche d’avoir fait trop de concessions.

98 : les accords de Nouméa

C'est donc tout naturellement qu'en 1998, les leaders politiques calédoniens se retrouvent autour de la table, sous l'égide de Lionel Jospin. Si le référendum sur l'autodétermination initialement prévu n'a pas lieu, cette rencontre se conclut le 5 mai 1998 par les accords de Nouméa. Ce nouveau texte prévoit une souveraineté partagée de la Nouvelle-Calédonie. La France n'assurant désormais plus que l'ordre public, la justice et la défense des 200 000 habitants du caillou. Mieux : l'identité kanak est reconnue et affirmée.

En marche vers l'indépendance

Le but de cet accord est clair, il s'agit de préparer progressivement l'archipel à l'autonomie, de former les cadres dirigeants de demain avant l'organisation d'un référendum d'autodétermination entre 2014 et 2018.

Cet accord fait mouche puisque dans l'histoire de la République Française, aucune collectivité d'outre-mer n'a obtenu cette forme d'organisation politique et administrative de très large autonomie. Michel Rocard qui avait négocié l'accord de Matignon en 1988 affirme sa satisfaction à ce nouveau texte.

Et les insulaires ne s'y trompent pas puisqu'ils approuvent à 72 % ce traité le 8 novembre 1998.

Depuis 1988, le transfert de souveraineté du territoire est donc en marche. C'est long. Mais l'indépendance est une affaire de temps et, en Nouvelle-Calédonie, le temps ne semble pas avoir beaucoup d'importance.