L'histoire du Festival de Cannes

Redaction Ina le 26/03/2009 à 16:48. Dernière mise à jour le 18/05/2017 à 14:58.
Cinéma
Le Festival de Cannes

Alors que le Festival de Cannes vient de débuter, retrouvez en images les meilleurs moments de la plus grande manifestation mondiale consacrée au septième art. Rétrospective du Festival de Cannes, de sa création à nos jours...

Concurrencer la Mostra

Au cours des années trente, la France décide d'organiser un nouveau festival international du cinéma pour concurrencer l'unique manifestation du genre à l'époque : la Mostra de Venise. Fortement influencé par les régimes fascistes, le rendez-vous vénitien suscite alors l'indignation dans le monde du septième art. La première édition du festival français doit avoir lieu à Cannes au mois de septembre 1939. La ville est choisie pour « son ensoleillement et son cadre enchanteur ». Interrompues par le début de la Seconde Guerre mondiale, les festivités ont finalement lieu au mois de septembre 1946. S'agissant alors plus d'une célébration cinématographique qu'une véritable compétition, tous les films présentés -plus d'une vingtaine au total- repartent avec un prix.

Distinction suprême

La popularité immédiate du Festival de Cannes incite les organisateurs à établir très vite une sélection et un système de récompense précis, toujours respecté aujourd'hui. Chaque année, une vingtaine de longs métrages sont sélectionnés et concourent pour la Palme d'Or, distinction suprême de la compétition qui garantit aux films honorés un important succès en salle et une renommée internationale. Pourtant, le choix des films primés a souvent suscité la polémique... En 1987, Maurice Pialat reçoit la Palme d'or pour son sulfureux « Sous le soleil de Satan », racontant l'histoire d'un abbé qui rencontre le diable. Hué par le public, le cinéaste leur adressera un sanglant : "sachez que si vous ne m'aimez pas, je ne vous aime pas non plus !" . En plus de la Palme d'Or Le Jury officiel des longs métrages, composé de personnalités du cinéma différentes tous les ans, remet huit autres prix. Le Grand Prix récompense un film original et recherché. Il permet au jury, souvent en proie à de fortes hésitations, de célébrer une œuvre qui aurait pu remporter la Palme d'or. Le Prix d'interprétation féminine et masculine peut être attribué à un acteur ou une actrice non-professionnel. Ainsi, en 2003, le jury présidé par le réalisateur Patrice Chéreau, décide de récompenser le turc Muzaffer Özdemir, architecte de profession, pour sa performance dans « Uzak ». Si la sélection officielle des longs métrages reste l'événement le plus médiatique, les autres sections du Festival - comme la sélection des courts métrages ou la quinzaine des réalisateurs - assurent aux œuvres retenues une reconnaissance toute aussi importante.

Un tremplin artistique

Ainsi, le Festival revêt une place prépondérante dans l'histoire du septième art et reste la manifestation qui a dévoilée de grands noms du cinéma mondial. Dès sa première édition, les organisateurs honorent Roberto Rossellini, l'initiateur du néo-réalisme italien, en remettant le Grand Prix à son film « Rome, ville ouverte ». En 1974, « Mean Streets » de Martin Scorsese est projeté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs. Inconnu à l'époque, le réalisateur américain obtient la Palme d'Or deux ans plus tard pour « Taxi Driver ». De nombreux cinéastes étrangers ont accédé à la notoriété après leur passage sur la Croisette. Ainsi, le bosniaque Emir Kusturica obtient la Palme d'Or en 1985 pour son film « Papa est en voyage d'affaire ». Devenu dès lors l'un des réalisateurs les plus populaires de sa génération, il est nommé président du Jury des longs-métrages en 2005.

Smoking et paillettes...

Mais Cannes, c'est avant tout le grand rendez-vous annuel des stars du monde entier. Gary Grant, Clint Eastwood, Bruce Willis, Romy Schneider ou Nicole Kidman…Tous se pressent chaque année sur la Croisette et attendent avec impatience la légendaire montée des marches. Moment crucial des festivités, les vedettes rivalisent alors d'imagination pour provoquer les plus grosses cohues et attirer les objectifs des paparazzi. En 1997, Mila Jovovich, venue représenter « Le Cinquième élément », gravit les vingt-quatre marches du Palais des Festivals vêtue d'une simple toile d'araignée dorée… Plutôt que d'opter pour des tenues excentriques ou dénudées, certaines personnalités du cinéma improvisent de véritables mises en scènes sur le tapis rouge. En 1963, pour annoncer son film « Les Oiseaux », Alfred Hitchcock arrive sur les marches muni de petits paniers… Soudain, il en laisse s'échapper des dizaines de colombes, qui s'envolent gracieusement vers le ciel….