Soulages : l'obsession noire - Vidéo Ina.fr

Soulages : l'obsession noire

 

Soulages : l'obsession noire

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video 12 déc. 2019 518 vues 02min 41s

Il est l’artiste français vivant le plus coté. Pierre Soulages. Le maître du noir. Le peintre qui célébrera ses 100 ans à la fin du mois de décembre fait l’objet de deux expositions hommages, au Louvre et au Centre Pompidou à Paris. Depuis ses débuts, ses toiles tissent une réflexion autour de la couleur noir.

Le noir. C’est l’instrument majeur de Pierre Soulages. Une obsession dans ses toiles depuis ses premiers coups de pinceau. En 1968, il tentait d’expliquer son lien à cette couleur : "Ce n’est pas tellement un souci de contrôle qui m’a fait choisir le noir, c’est un souci d’intensité. D’intensité sur le plan plastique, mais aussi sur l’arrière-plan qu’est la qualité poétique que l’on peut tirer de certains contrastes, de certaines oppositions, de certains passages."
Le noir, couleur ou absence de couleur ? Il est source de mystère. Soulages l’accompagne parfois de touches colorées, mais à ses débuts, le plus souvent, il l’applique sur du blanc. Le contraste ultime. Un rapport présence/absence : "Un tableau en noir et blanc, quand on le voit sur un mur, il exclut les couleurs qui l’entourent."
Le noir dans ce qu’il a de plus profond, sur toute la surface. A partir de 1979, Soulages peint ses Outrenoirs. Des toiles jusqu’à trois mètres de hauteur, très texturées. Il applique du noir sur du noir, brossé, étalé, raclé, creusé, presque sculpté. Les reliefs et les sillons créent ainsi des jeux de lumière, comme l’expliquait l’un des spécialistes de Soulages en 1996, Pierre Encrevé Linguiste et historien d’art
: "Quand on se déplace devant la toile, alternativement, le même point est blanc ou noir. Enfin, par forcément noir, ça dépend de la lumière qu’on projette dessus. A Sète, devant la mer, la toile est souvent très bleue."
Les traces de Soulages interrogent l’espace et le temps, le rythme, la géométrie, la proportion… Mais quel message? Quelle interprétation ? En 1998, 20 ans après ses premiers outrenoirs, il ne savait pas répondre : " Je travaille par désir, par plaisir de peindre, par besoin d’interroger ce que recèle la peinture que je suis en train de faire. Mais c’est toujours ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche."
La lumière surgit du noir. Voilà qui a bâti le succès de Soulages. En novembre 2019, un mois avant ses 100 ans, l’artiste a battu son record de vente aux enchères. Son tableau sobrement baptisé « Peinture, 200 × 162 cm, 14 mars 1960 » a été adjugé pour un montant de 9 millions 600 000 euros.

Émission

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Production

producteur ou co-producteur

Institut national de l'audiovisuel

Générique

rédacteur

Géraldine Cornet Lavau
Tarik Khaldi

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